Les « sélections » à Auschwitz : une étape dans un processus d’extermination de masse ?

 

Abordons le cas des « sélections » opérées à l’entrée du camp d’Auschwitz-Birkenau. La question est : « Peut-on dire que ces sélections s’inscrivaient dans un processus d’extermination global : extermination lente pour les juifs reconnus aptes au travail, extermination rapide pour les autres (vieillards, enfants, infirmes, femmes enceintes) ? »

 

Table des matières

 

La thèse officielle 2

Le discours d’Hitler du 30 janvier 1939. 2

Les juifs « aptes au travail » sont utilisés comme main-d’œuvre au même titre que les non-juifs 3

Les juifs contribuent à l’effort de guerre allemand. 3

Certains juifs sont utilisés comme ouvriers spécialisés 3

Dès 1939, les juifs avaient été utilisés comme main-d’œuvre 4

De très nombreux camps de travail pour juifs ont été recensés 4

Un document capital 5

Les dirigeants allemands réclament toujours plus d’ouvriers juifs 6

Conclusion provisoire 7

Le cas des juifs « inaptes au travail » 7

Au début, les « inaptes » ne sont pas destinés à la déportation. 7

Les documents archivés aux Centre de documentation juive contemporaine 8

Le document F-274 à Nuremberg 8

Les déclarations de Seyss-Inquart 9

Les Allemands ont agi de la même façon avec la main-d’œuvre non juive 9

Pendant la deuxième guerre mondiale 9

Dès la première guerre mondiale 9

Déportation des « inaptes » : les malhonnêtetés de l’exterminationniste 10

L’exterminationniste utilise l’enthymème et inverse la charge de la preuve 10

De nombreux documents confirment que les « inaptes » n’étaient pas exterminés 11

Le cas des prisonniers non immatriculés à Auschwitz 12

Le cas des femmes enceintes 12

Le cas des enfants déportés 14

Auschwitz, également camp de transit 15

Des enfants ont vécu à Auschwitz 16

Sobibor, Treblinka, Belzec et Chelmno : camps d’extermination ? 17

Une thèse qui se heurte à deux faits 18

Les clichés aériens confirment qu’il ne s’agissait pas de camps d’extermination. 18

Les « camions à gaz » de Chelmno n’ont jamais existé 18

De simples camps de transit 19

Les Allemands voulaient expulser les juifs hors de leur sphère d’influence 19

La fameuse lettre du H. Göring à R. Heydrich en date du 31 juillet 1941. 19

La « Solution totale » de la question juive signifiait l’évacuation des juifs à l’Est 20

De multiples confirmations 20

Les juifs n’ont pas été exterminés à l’Est 24

Aucune preuve matérielle d’une extermination. 24

Des enquêtes sans valeur 25

La fonction de Treblinka, Sobibor et Belzec 26

De nouvelles confirmations 27

Conclusion : les sélections à Auschwitz ne s’inscrivaient pas dans le cadre d’une extermination. 27

 

 

Personnellement, j’estime que la démonstration apportée dans d’autres textes permet de répondre sans hésiter par la négative.

1°) Sachant que les Allemands avaient un besoin primordial de main-d’œuvre productive, il n’y a aucune raison pour que les juifs reconnus aptes au travail n’aient pas été traités comme les non-juifs, afin qu’ils donnent un rendement maximum (pour plus d’informations, cliquez ici) ;

2°) Sachant qu’à Auschwitz, il n’y a pas eu de chambres à gaz homicides, les juifs reconnus inaptes au travail n’ont pas pu y être exterminés (pour plus d’informations, cliquez ici).

La thèse officielle

 

Mais je sais qu’un esprit pétri par 50 ans de propagande alliée ne se satisfera pas de cette réponse. « Les nazis, dira-t-il, en voulaient à mort aux juifs. Ils les prenaient pour des parasites, incapables de produire, et des adversaires qu’il fallait éliminer. Dès le 30 janvier 1939, Hitler lui-même, dans un discours public, déclara qu’une nouvelle guerre en Europe signifierait « la destruction de la race juive d’Europe » (Doc. PS-2663 à Nuremberg). L’extermination était donc déjà envisagée ; Hitler n’attendait plus que le prétexte. La haine des nazis était telle qu’ils ont traité cette catégorie d’hommes et de femmes hors de toute considération économique. A Partir de 1942, les nazis ont décidé de se débarrasser des Juifs. Ils les ont déportés vers l’Est. Là, ils étaient sélectionnés : le plus forts étaient employés à des travaux durs (mines, terrassement, carrières…) qui provoquaient rapidement la mort des forçats. Les plus faibles étaient exterminés, que ce soit à Auschwitz ou un peu plus loin, à Treblinka, à Belzec ou à Sobibor… Telle fut la conséquence de la logique folle des nazis ».

 

Cette thèse est d’autant plus impressionnante qu’elle s’appuie sur deux réalités historiques indéniables :

- le fameux discours de Hitler prononcé le 30 janvier 1939 ;

- le fait qu’à partir de 1942, les juifs d’Europe occupée ont été massivement déportés vers la Pologne.

Le discours d’Hitler du 30 janvier 1939

 

Dans un premier temps, intéressons-nous au discours du 30 janvier 1939. Nous allons démontrer qu’il ne contient nulle annonce d’une quelconque extermination. Pour saisir le sens exact du passage si souvent cité, il suffit de le replacer dans le contexte. Voici ce qu’a déclaré Hitler le 30 janvier 1939 :

 

Au cas où la finance judéo-internationale des pays européens et extra-européens réussirait encore à précipiter les nations dans une guerre mondiale, celle-ci se terminerait non par la bolchévisation, et, en conséquence, par la victoire du judaïsme, mais bien par l’anéantissement de la race juive en Europe (die Vernichtung der jüdischen Rasse in Europa).

En effet, le temps n’est plus où les peuples non juifs étaient sans défense dans le domaine de la propagande. L’Allemagne nationale-socialiste et l’Italie fasciste possèdent à présent des institutions qui leur permettent, le cas échéant, d’éclairer le monde sur la nature d’une question dont bien des peuples ont une notion instinctive, mais qui leur paraît obscure au point de vue scientifique. Pour le moment, la juiverie peut, dans certains États, mener sa campagne avec le concours d’une presse qui est entre ses mains, du cinéma, de la radiophonie, du théâtre, de la littérature etc. Cependant, pour le cas où les juifs réussiraient à nouveau à inciter des millions d’êtres humains à une lutte insensée en ce qui les concerne, et ayant pour unique objet la défense des intérêts juifs, on verra se manifester l’efficacité d’une propagande éducatrice qui, en Allemagne même, a réussi en quelques années à terrasser la juiverie[1].

 

La dernière phrase, notamment, est capitale. Elle démontre que dans l’esprit du Führer, il n’était pas question d’un anéantissement physique par l’assassinat systématique, mais d’un anéantissement social (expulsion de la vie économique) grâce à une propagande éducatrice orchestrée en direction des goyim. C’est effectivement ce qui s’était passé en Allemagne à partir de 1935, avec les lois de Nuremberg.

 

Poursuivons cependant.

Les juifs « aptes au travail » sont utilisés comme main-d’œuvre au même titre que les non-juifs

Les juifs contribuent à l’effort de guerre allemand

 

Contrairement à ce que l’on serait tenté de croire, les Allemands ne considéraient pas les juifs comme des parasites incapables de produire. La meilleure preuve est qu’il en utilisèrent pour… l’industrie de guerre. Dans son ouvrage, R. Hilberg évoque les ghettos dans lesquels les autorités du Reich « favorisaient les productions à fort taux de main-d’œuvre » :

 

En conséquence, les articles les plus courants furent les uniformes, caisses à munitions, chaussures de cuir, de paille tressée et de bois, petite quincaillerie (parfois seulement pour le stade de la finition), brosses, balais, matelas, récipients divers, jouets ; à quoi s’ajoutaient la réparation des meubles et le ravaudage des vieux vêtements[2].

 

Les articles produits firent que « l’armée [allemande] devint rapidement le premier acheteur, et tendit même à évincer les autres » (Id.). R. Hilberg conclut : « Ainsi les ghettos devinrent-ils partie intégrante de l’économie de guerre » (Id.). Plus loin, il précise : « En 1941, des dizaines de milliers de juifs étaient profondément intégrés à l’industrie de l’armement » (Ibid., p. 378).

Certains juifs sont utilisés comme ouvriers spécialisés

 

On aurait en outre tort d’imaginer que ces travailleurs étaient utilisés à des travaux de force, très durs et ne nécessitant aucune qualification. Lorsque, en 1941, des premières vagues de déportations survinrent, un chef d’entreprise qui travaillait dans l’armement envoya à Berlin un télégramme dans lequel on lisait :

 

Comme chacun sait, on procède actuellement à une nouvelle déportation de juifs qui touche nos ouvriers juifs laborieusement formés en vue de leur spécialisation. Ils ont été dressés à la soudure et au blindage en zinc, et leur départ entraînerait une diminution de la production, peut-être égale à un tiers [Ibid., pp. 377-8].

 

J’y vois une preuve que des juifs ont été utilisés dans l’armement en tant qu’ouvriers spécialisés.

Même après les grandes déportations vers l’Est, en 1942, de nombreux juifs restèrent employés dans ce secteur. Dans le Gouvernement général, ainsi, le nombre d’ouvriers juifs qui travaillaient pour la machine de guerre du Reich ne cessa d’augmenter : de 15 091 en janvier 1943, il passa progressivement à 27 439 en mai 1944 (Ibid., p. 461).

Dès 1939, les juifs avaient été utilisés comme main-d’œuvre

 

Certains pourront me répondre que l’utilisation de quelques « dizaines de milliers de juifs » sur plusieurs millions ne prouve rien. C’est vrai. Mais de très nombreux juifs furent également employés dans d’autres branches. R. Hilberg explique que dès la fin de l’année 1939 :

 

A Varsovie, le Judenrat […] constitua un « bataillon de travail » dont les Allemands disposeraient selon leurs besoins. Krüger, haut chef des SS et de la Police pour le Gouvernement général, officialisa la mesure par un décret du 2 décembre 1939, autorisant tous les Judenräte du territoire à organiser des détachements de travail forcé[3].

 

(voir un dessin réalisé par un juif et montrant un bataillon partant au travail)

 

Ces détachements furent utilisés « à des tâches urgentes effectuées au jour le jour ou à certains chantiers » (Ibid., pp. 219-220). D’après Hilberg, les Allemands semblèrent « avoir été très satisfaits de ce système » :

 

Désormais, toute administration qui avait besoin de main-d’œuvre pouvait présenter ses demandes au Judenrat […] . Sur les bureaux des responsables juifs s’étalaient des graphiques où des lignes régulièrement ascendantes montraient l’activité croissante des détachements. Un journaliste allemand, témoin oculaire, écrivait à l’époque [août 1940] : « Dans le Gouvernement général, on peut aujourd’hui voir des troupes juives se déplacer dans les campagnes, la pelle sur l’épaule, sans aucune escorte allemande. Et c’est aussi un juif qui marche en tête » [Ibid., pp. 217-8].

De très nombreux camps de travail pour juifs ont été recensés

 

Les mois passant, la main-d’œuvre juive fut utilisée toujours plus largement :

 

L’administration du district de Lublin lança un grand programme d’aménagement fluvial et de construction de canaux, pour lequel elle requit 10 000 juifs répartis en quarante-cinq camps sous la direction générale du Regierungsbaurat Haller. En 1941, le district de Varsovie mit en œuvre un projet similaire, qui exigea environ 25 000 juifs. Vers le milieu de l’année 1941, en Haute-Silésie, le plénipotentiaire Schmelt employait 5 000 juifs, pour 50 pfennigs par jour, à des travaux de force sur l’axe routier Gleiwitz-Oppeln (Opole). Le territoire finit par être parsemé de camps. Le plus important, Markstädt, comptait 3 000 travailleurs juifs […].

Dans les premiers temps, on n’utilisa toute cette main-d’œuvre que sur les chantiers de fossés antichars, d’aménagement hydraulique, de voies ferrées ou autres. Par la suite, des entreprises industrielles vinrent installer des ateliers dans certains camps ; corrélativement, on créa d’autres camps à proximité des grandes usines. Cessant ainsi de correspondre à tel ou tel projet limité, ces aspects du travail forcé devinrent une institution réellement permanente [Ibid., p. 220].

 

L’auteur poursuit en affirmant que ces camps « prirent rapidement beaucoup plus d’importance » qu’au début, lorsqu’ils avaient été créés pour abriter tel ou tel détachement (Ibid., p. 222). A plusieurs reprises, il rappelle l’utilisation de la main-d’œuvre juive sur une vaste échelle. On lit par exemple :

 

En Haute-Silésie, des dizaines de milliers de juifs avaient été sortis des ghettos pour être dirigés vers des camps par l’Organisation Schmelt, un bureau responsable des réquisitions de main-d’œuvre dans la région de la Silésie [Ibid., p. 450].

Dans les ghettos qui subsistaient dans le Gouvernement général, la SS et la Police s’emparaient des ouvriers les plus forts et les plus qualifiés pour constituer un réservoir de main-d’œuvre forcée industrielle qui serait préservé pendant deux ans environ.

Les « juifs au travail » étaient dirigés sur les camps de travail SS (SS Arbeitslager) et sur les camps des grandes sociétés (Firmenlager). Les camps SS abritaient des entreprises détenues par la SS, un projet galicien de l’Ostbahn et quelques entreprises d’armement [Ibid., p. 455].

 

Le Catalogue alphabétique confirme ces allégations : il mentionne plusieurs dizaines de camps de travaux forcés pour juifs qui, de 1940 à 1945, employèrent de quelques centaines à quelques milliers d’ouvriers[4]. A cela, il faut ajouter les juifs qui travaillaient dans les camps principaux, dans leurs commandos et dans les ghettos. Dès lors, on ne saurait prétendre que les Allemands n’ont pas utilisé la main-d’œuvre juive.

Un document capital

 

Enfin, quand on sait combien le Reich manquait de main-d’œuvre (pour voir les preuves, cliquez ici), on ne peut croire que ce potentiel ait été gaspillé ; on ne peut croire que ces juifs aient été entassés dans des camps insalubres sans aucun confort, réduits à la famine, roués de coups, pas soignés etc. Je note d’ailleurs que lors de l’évacuation de ghetto de Varsovie, beaucoup de juifs s’interrogèrent sur le destin qui leur était réservé. Certains croyaient qu’ils allaient à la mort ; mais l’ancien directeur d’un important magasin n’était pas d’accord et expliqua :

 

Les Allemands ne pouvaient pas être assez stupides pour dilapider l’énorme force de travail que les Juifs représentaient potentiellement. D’après lui, nous [les juifs] étions destinés à des usines, à de grands chantiers où la discipline serait de fer, mais non à la mort[5].

 

C’était le bon sens même.

Certains me répondront que, bon sens ou pas, cet homme pouvait se tromper. J’en conviens. Mais je souligne qu’à Nuremberg, l’Accusation a produit un document très important : un rapport du chef de la Police et des SS du district de Galicie datée du 30 juin 1943 (Doc. L-018). On y trouve plusieurs photographies qui montrent les « conditions d’habitation et du travail des juifs » (voir ces clichés). Nous le reproduisons ci-après ; à notre connaissance, il s’agit des seuls clichés publiés d’un camp de travaux forcés pour juifs. J’appelle l’attention du lecteur sur l’apparente propreté du camp, l’état physique des travailleurs (ils ne sont ni squelettiques, ni revêtus de haillons, ils ont au contraire de gros manteaux), la salle de bain (avec douches et lavabos communs) et les dortoirs[6].

Les dirigeants allemands réclament toujours plus d’ouvriers juifs

 

Avec la prolongation de la guerre et la crise grandissante de la main-d’œuvre, les dirigeants allemands réclamèrent toujours plus de juifs. Le 16 décembre 1942, ainsi, l’état-major d’Himmler exigea la déportation à Auschwitz de 10 à 15 000 juifs aptes au travail qui devraient provenir soit du ghetto de Theresienstadt, soit du district de Bialystok[7]. Il est très possible que pour beaucoup d’entre eux, Auschwitz n’ait constitué qu’une étape, car de nombreux travailleurs étaient ensuite envoyés — ou renvoyés — plus à l’Est, dans des camps de travaux forcés établis près du front afin de travailler pour l’Armée. En 1943, dans une étude sur les mouvements de population en Europe, un démographe américain affirma que la déportation des juifs à l’Est était « l’équivalent du recrutement pour le travail dans le Reich auquel était soumis le reste de la population de l’Europe contrôlée par les Allemands, et son déplacement chaque fois plus loin à l’Est était sans doute liée à la nécessité de satisfaire les besoins de l’armée près du front »[8] (voir le document).

En avril 1944, Hitler promit à A. Speer d’entrer si nécessaire en contact avec Himmler pour lui demander la déportation de 100 000 juifs hongrois afin qu’ils travaillent à la construction d’usines aéronautiques souterraines[9]. Un document, confirme que le Führer contacta le Reichsführer des SS et lui demanda non 100 000 juifs, mais le double. Dans une étude, Jürgen Graf écrit :

 

Les archives allemandes de l’époque nous ont révélé, en toute clarté, la raison de ces déportations massives : l’Allemagne avait un besoin urgent de main-d’œuvre pour son industrie d’armement. Le 9 mai 1944, Heinrich Himmler informa par lettre le chef de Bureau central des la SS ainsi que le chef de la SS-WVHA que 10 000 hommes seraient affectés à la SS, pour la garde de la main-d’œuvre nécessaire au programme de construction Jäger, sinon « le rassemblement, la garde, et l’exploitation rentable d’environ 200 000 juifs » seraient impossibles (47) [note 47 : NO-5689]. Deux jours plus tard, Himmler ajoutait [Ibid.] : « Le Führer a ordonné que 10 000 hommes, avec leurs officiers et sous-officiers, soient affectés à la SS pour la garde des 200 000 juifs que le Reichsführer-SS a fait transférer dans les camps de concentration du Reich pour les employer aux grands travaux de l’O.T. (Organisation Todt) et autres missions militaires importantes »[10].

 

Le 15 août 1945, le bureau D du WVHA confirma que plus de 500 000 prisonniers étaient comptabilisés et qu’on attendait encore 90 000 juifs de Hongrie, 60 000 juifs de Lodz et environ 460 000 autres (Polonais de Gouvernement général ou de Varsovie, condamnés de droit commun des territoires de l’Est, anciens officiers polonais, « arrivages français » [?][11]).

Conclusion provisoire

 

Ces documents sont très important car ils confirment :

 

1°) que de nombreux juifs hongrois ont été déportés pour être mis au travail (alors que la thèse officielle prétend qu’ils ont été exterminés à Auschwitz) ;

2°) que les juifs hongrois n’ont pas été déportés pour en remplacer d’autres qui auraient été exterminés. En effet, s’il en avait été ainsi, il n’aurait pas été utile d’embaucher de nouveaux gardiens ; ceux qui surveillaient les anciens auraient suffi. L’embauche de nouveaux gardes démontre que ces juifs hongrois arrivaient en surnombre ;

3°) que la main-d’œuvre juive était réclamée en même temps que la main-d’œuvre non juive, très probablement pour les mêmes travaux. Dès lors, on ne voit pas pourquoi les juifs auraient été maltraités, contrairement aux autres.

Le cas des juifs « inaptes au travail »

 

Parvenu à ce stade de notre exposé, les tenants de la thèse officielle répondront : « Si, vraiment, les Allemands réclamaient de la main-d’œuvre juive pour soutenir leur production de guerre, comment expliquez-vous qu’ils aient également déporté les enfants, les femmes enceintes et les vieillards, qui ne leur servaient à rien ? Il y a là une contradiction insurmontable ».

Au début, les « inaptes » ne sont pas destinés à la déportation 

 

Encore une objection qui pourra impressionner le néophyte. Mais, avant de conclure précipitamment, il faut rappeler une évidence : si, vraiment, la déportation des juifs s’était inscrite dans le cadre d’une opération d’extermination totale, les Allemands auraient, dès le début, raflé tout le monde : hommes et femmes, enfants et vieillards, malades et bien portants, sans considération ni d’âge, ni d’aptitude à travailler. Cela posé, il est nécessaire de répondre à une simple question : dans les pays occupés, et notamment dans les pays de l’Ouest (Pays-Bas, France, Belgique), les Allemands ont-ils, dès le début, réclamé tout le monde ? Assurément non.

Les documents archivés au Centre de documentation juive contemporaine

 

Dans son étude déjà cité, E. Aynat écrit :

 

[…] lors de conversations entre Allemands et Français destinées à organiser une grande rafle à Paris de juifs étrangers et apatrides, on déclara que, parmi la population juive objet de la rafle, il fallait déduire « les juifs malades, inaptes au transport et trop vieux ». On décida également que les enfants dont les parents seraient arrêtés resteraient en France à la charge des organisations juives (25) [note 25 : CDJC, XXVb-55, 8 juillet 1942 (voir une photo du camp de Gurs)].

Au cours d’une réunion postérieure, on fixa la limite d’âge pour être arrêté lors de la prochaine rafle, qui était imminente, à 55 ans pour les femmes et à 60 pour les hommes (26) [note : CDJC, XXVb-60, 11 juillet 1942][12].

 

Avec raison, l’auteur y voit la confirmation que les grandes opérations de déportation commencées en 1942 à l’Ouest répondaient à un objectif premier : le recrutement de main-d’œuvre. Il écrit :

 

Il ressort, à la lecture des documents allemands, que l’objectif des occupants était avant tout de fournir de la main-d’œuvre juive à l’industrie de guerre allemande et, plus précisément, à celle qui était située à Auschwitz. Il s’ensuit que les Allemands n’avaient pas intérêt, à ce moment-là [1942], à arrêter des gens qui ne servaient pas leurs desseins [Id.].

Le document F-274 à Nuremberg

 

Mais peut-être certains rejetteront-ils les affirmations d’E. Aynat au motif qu’elles émanent d’un révisionniste ? Je leur soumets donc une autre pièce qui vient les confirmer. Il s’agit du document F-274 — déjà cité —, rédigé en 1945 par un fonctionnaire du gouvernement français et présenté par l’Accusation à Nuremberg. On lit :

 

A partir du moment où les arrestations en France s’intensifient, la déportation doit être organisée rationnellement dans des buts immédiats, définis :

[…]

3°) Augmenter la main-d’œuvre en Allemagne.

[…] L’organisation du convoi elle-même était une première sélection, éliminant les éléments faibles et inaptes au travail[13]. (voir le document)

 

Ce document confirme que les Allemands voulaient des ouvriers, donc pas d’inaptes (malades, vieillards, femmes enceintes, enfants…). J’ajoute que, dans son ouvrage, R. Hilberg évoque un accord conclu entre la SS et l’armée pour la fourniture d’une main-d’œuvre juive. Là encore, on découvre que seuls les travailleurs devaient être déportés. L’auteur écrit : « Il n’y avait même pas de place pour la proche famille dans l’accord conclu entre la SS et l’armée »[14].

Les déclarations de Seyss-Inquart

 

Cette séparation inévitable des familles fut cause de scrupules chez A. Seyss-Inquart, qui gouvernait les Pays-Bas occupés. A Nuremberg, il déclara, à propos des déportations : « je pensais aussi à l’arrachement dont les familles allaient inévitablement être les victimes, tout au moins jusqu’à un certain point, en cas d’utilisation de la main-d’œuvre » (TMI, XVI, 8).

 

Toutes ces pièces confirment que longtemps, les Allemands n’ont pas voulu déporter les juifs inaptes au travail. Certes, il avait été décidé que tous les juifs quitteraient l’Allemagne et, plus tard, la sphère d’influence allemande en Europe. Mais pendant la guerre, il est manifeste que, dans les pays occupés de l’Ouest, les inaptes furent au départ exclus des déportations. Or, si vraiment les Allemands avaient voulu déporter les juifs tombés entre leurs mains pour tous les exterminer, ils n’auraient pas hésité : dès le commencement, ils se seraient emparés de tout le monde — et notamment des enfants ! — qui se trouvaient en France, en Belgique, aux Pays-Bas etc.

Les Allemands ont agi de la même façon avec la main-d’œuvre non juive

Pendant la deuxième guerre mondiale

 

Notons d’ailleurs que les Allemands ont fait de même avec la main-d’œuvre non juive. A Nuremberg, F. Sauckel rappela qu’il s’était toujours opposé à l’envoi en Allemagne de personnes trop faibles ou malades. Face aux juges, il déclara « Je dois attirer votre attention sur le fait que j’avais formellement interdit, de mon côté, l’envoi en Allemagne de malades ou de gens incapables de travailler. C’eût été un crime et une impossibilité au point de vue économique » (TMI, XV, 26). Même constat concernant les enfants. Le 1er octobre 1942, une rafle fut organisée dans les quartiers nord de Lublin : « Tous les habitants furent convoqués et rassemblés en un endroit précis. On vérifia tous les certificats de travail, et tous les Polonais, hommes ou femmes, qui ne pouvaient justifier d’un emploi furent emmenés dans un camp [de travail], tandis que les enfants de moins de quinze ans étaient envoyés à l’orphelinat »[15]. Citons enfin l’avocat général à Nuremberg, Thomas J. Dodd, qui, le 12 décembre 1945, lança : « Les conspirateurs nazis ne se sont pas contentés d’arracher quelque 5 millions de personnes [les « travailleurs étrangers »] à leurs enfants, à leur maison, à leur patrie » (TMI, III, 444).

Ces documents démontrent que les juifs furent traités comme les autres : recrutement des valides, mise à l’écart des inaptes. Nouvelle preuve que les déportations s’inscrivaient dans un plan général de recrutement de main-d’œuvre.

Dès la première guerre mondiale

 

Allant plus loin, je rappellerai que les Allemands avaient agi de la même façon durant la première guerre mondiale. En France, notamment, dans les zones occupées, les individus valides ayant entre 16 et 60 ans (ou 18 et 55 ans) furent déportés pour y être mis au travail. Le 8 octobre 1916, ainsi, l’auteur d’un rapport intitulé : « Comment l’Allemagne a traité les populations qu’elle avait à charge d’administrer et de ravitailler » parla de :

 

la violence dont furent victimes les habitants du département du Nord, arrachés en grand nombre à leur foyer et à leur famille, et transportés dans des régions plus ou moins éloignées pour y être contraints au travail[16].

 

Plus loin, il précisa que les « personnes déportées […] étaient âgées de dix-huit à cinquante-cinq ans » (Ibid., p. 56). Quelques mois plus tard, un rapport sur les « violations du droit des gens commises par l’ennemi pendant l’occupation des territoires libérés en mars 1917 » déclarait :

 

Il avait été déjà procédé antérieurement à la déportation de nombreux habitants, que l’envahisseur, séparant sans pitié les familles, envoyait travailler en Allemagne ou dans le nord de la France. Cette mesure est devenue générale et a frappé toute la partie valide de la population des deux sexes, de seize à soixante ans, à l’exception des femmes ayant des jeunes enfants [Ibid., p. 59].

 

Or, personne ne prétend qu’en 1916 et 1917, les Allemands auraient voulu exterminer les Français du Nord[17]. Tout le monde est d’accord pour affirmer que s’ils déportaient les plus valides, c’était parce qu’ils avaient un besoin urgent de main-d’œuvre. Dès lors, on ne voit pas pourquoi vingt-cinq ans plus tard, les mêmes agissements se seraient cette fois inscrits dans un vaste programme d’anéantissement…

Déportation des « inaptes » : les malhonnêtetés de l’exterminationniste

 

Là, l’exterminationniste rétorquera que les juifs inaptes au travail furent finalement déportés vers la Pologne. Et profitant de ce que les révisionnistes l’admettent sans difficulté, il lancera : « Puisque les inaptes ont finalement été déportés, votre thèse s’effondre. De plus, je rappelle que les femmes enceintes, les enfants et les vieillards déportés avaient disparu en 1945. Où étaient-ils passés ? Vous êtes bien incapables de me le dire et vous gardez un silence gêné. Eh bien moi, je vous le dis : ils avaient été réduits en cendres dans les crématoires. »

L’exterminationniste utilise l’enthymème et inverse la charge de la preuve

 

Dans un premier temps, je répondrai que l’exterminationniste utilise un procédé logique très pernicieux, l’enthymème, et qu’il inverse la charge de la preuve.

L’enthymème est un syllogisme dont on sous-entend une des prémisses. Exemple : « Paul est magnanime, donc Paul doit être respecté ». Le syllogisme complet est : « Paul est magnanime ; or, une personne magnanime doit être respectée, donc Paul doit être respecté ». Dans cet enthymème, j’ai omis la deuxième prémisse (une personne magnanime peut être respectée) parce qu’elle est évidente. Mais parfois, certains ont recours à ce procédé parce que la prémisse omise n’exprime pas une vérité absolue et qu’il est prudent de l’escamoter. C’est précisément le cas de l’exterminationniste. Il déclare : « Les juifs avaient disparu en 1945, donc les juifs ont été tués ». Le syllogisme complet est : « Des personnes disparues ont été tuées ; or, les juifs avaient disparu en 1945, donc les juif ont été tués ». Mais il est bien évident que l’affirmation : « Des personnes disparues ont été tuées » n’est pas toujours vraie, loin de là. Ceux dont on est sans nouvelles ne sont pas forcément morts, et s’ils le sont, ils n’ont pas forcément été assassinés (ou peut mourir d’accident, de maladie…). Cette vérité s’applique parfaitement aux juifs déportés : beaucoup d’entre eux (inaptes ou non) ont disparu ; mais on ne saurait en déduire qu’ils ont été assassinés. Nous avons vu que dans les derniers mois du conflit, les conditions apocalyptiques qui régnèrent en Allemagne furent la cause de nombreuses morts (typhus et autres maladies, froid, dénutrition…) qui ne peuvent en aucun cas être qualifiées d’assassinats. En outre, il faut ajouter tous les juifs qui, « libérés » par les Soviétiques, sont restés bloqués à l’Est (donc ne sont pas revenus) et tous les survivants qui, après 1945, sont partis d’Europe sans laisser d’adresse. Par conséquent, l’enthymème de l’exterminationniste est un syllogisme erroné, au motif qu’il qualifie de certaine une prémisse seulement possible. Dès lors, la conclusion ne saurait être acceptée[18].

Non content de recourir à un procédé logique pernicieux, l’exterminationniste inverse la charge de la preuve. C’est à lui de démontrer que les inaptes au travail ont été exterminés. En ce qui concerne plus particulièrement Auschwitz, c’est à lui de démontrer que les enfants, les femmes enceintes et les vieillards étaient immédiatement gazés. Ces preuves, nous les attendons toujours, et ce ne sont pas les manuels scolaires qui peuvent nous satisfaire.

De nombreux documents confirment que les « inaptes » n’étaient pas exterminés

 

Mais encore une fois, je sais que la personne pétrie par plus de cinquante ans de propagande refusera cette réponse. Cette personne est en effet contaminée par l’esprit de Nuremberg selon lequel un « nazi » est automatiquement un coupable, sans même qu’il soit nécessaire de prouver ses « crimes ». Je rappelle que l’article 21 du statut du TMI déclarait : « Le Tribunal n’exigera pas que soit apportée la preuve de faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis » (TMI, I, 17). Aujourd’hui, ainsi, l’égalité « 1 juif disparu = 1 juif assassiné » est universellement admise, ou presque, donnant la fameuse réplique tant de fois entendue : « Les trains arrivaient pleins et repartaient vides, que répondez-vous à cela ? »

Je réponds que si, vraiment, les inaptes au travail avaient été exterminés immédiatement après la « sélection », sans même entrer dans le camp, aucun document ne devrait exister, qui en parlerait ensuite. Or, nous allons voir qu’il n’en est rien.

Le cas des prisonniers non immatriculés à Auschwitz

 

Prenons l’exemple des prisonniers non immatriculés d’Auschwitz. D’après la thèse officielle, seuls les déportés qui, lors de la « sélection », avaient été déclarés aptes au travail entraient dans le camps pour se faire immatriculer ; cette immatriculation leur était tatouée sur le bras. Les autres allaient directement aux crématoires sans entrer dans le camp et donc sans être immatriculés[19]. Or, l’ancienne déportée P. Lewinska écrit : « Il y avait également à cette époque [août 1944] dans une enceinte spéciale du camp 14 000 juives qui n’étaient pas tatouées » (voir le document). 14 000 ! Ce n’est pas rien. Sachant qu’à cette époque, la grande déportation des juifs hongrois s’achevait, tout laisse penser qu’il s’agissait de juives hongroises. Elles avaient été admises au camp sans être immatriculées... Certes, je ne sais rien du destin qui leur a été réservé, mais l’ouvrage de P. Lewinska s’inscrit en faux contre la thèse selon laquelle les déportés non immatriculés n’entraient même pas au camp.

Le cas des femmes enceintes

 

Autre exemple : celui des femmes enceintes. Incapables de travailler, elles étaient gazées à l’arrivée nous dit-on. Mais alors, comment expliquer qu’une sage-femme polonaise, ancienne déportée à Auschwitz, ait déclaré plus tard :

 

Parmi les nombreux convois qui arrivaient sans cesse au camp, les femmes enceintes ne manquaient pas. J’ai exercé mes fonctions d’accoucheuse dans trois blocs successivement […]. J’ai pratiqué de la sorte plus de 3 000 accouchements[20]. (voir le document).

 

Mensonges d’une femme en mal de reconnaissance ? Nullement. Une autre ancienne déportée à Auschwitz, P. Lewinska, raconte que « Au début, on se débarrassait d’elles [les femmes enceintes] par des moyens très rapides » — sans dire lesquels — mais qu’ensuite, tout changea et qu’il fut même question de les libérer[21]. Elle termine en écrivant :

 

J’ignore si les femmes enceintes ont réellement été libérées, mais je sais que jusqu’à la fin, elles accouchaient au camp [Ibid., p. 123].

 

Parmi ces déportées juives qui accouchèrent figure une certaine Mme Hanzel. Non seulement son bébé ne fut pas tué mais elle parvint même — par ruse et afin de ne pas en être séparée — à l’introduire dans la section réservée au femmes à Birkenau. « La surveillante SS ignorait qu’il était défendu d’amener des enfants lors d’un transport. Elle joua avec la petite. » Mais un responsable SS, Buntrock (qui s’occupait vraisemblablement de l’hôpital), s’aperçut de la disparition de l’enfant. Il convoqua la mère qui dut lui révéler la vérité. Fut-elle punie et son bébé tué comme le voudrait la thèse officielle ? Non :

 

Après l’avoir interrogée, [Buntrock] lui dit finalement qu’en vertu de son courage et de son amour maternel, elle pourrait rester avec son enfant au camp des femmes. Il n’y avait aucun doute : le SS Buntrock avait été ému[22].

 

Mentionnons également Ruth Iliav qui arriva à Auschwitz en décembre 1943. Alors qu’elle en était à son septième mois de grossesse, elle fut sélectionnée et partit à Hambourg pour y effectuer des travaux de déblaiements. Mais son état ayant été déclaré par la chef de chambre, un médecin SS l’envoya, ainsi qu’une autre, à Ravensbrück (« Nous recevons des vivres pour le voyage et quittons Hambourg pour […] Ravensbrück »). Là, on s’aperçut que leur numéro ne faisait pas partie du camp et on les renvoya à Auschwitz. Elle déclare : « La nouvelle arrive jusqu’aux oreilles du docteur Mengele. Et nous recevons bientôt sa visite ». Va-t-il les envoyer au crématoire comme le veut la thèse officielle ? Non :

 

Il nous ordonne d’aller au quartier réservé pour les malades et d’attendre là l’accouchement. J’attends pendant dix jours, pendant dix jours le docteur Mengele vient me voir. Les douleurs commencent. Une sage-femme détenue me met sur le sol et l’aide à accoucher. Mon premier enfant. Une petite fille. J’aurai bientôt vingt-et-un ans. Malgré la misère, j’éprouve pour la première fois le bonheur d’être mère[23].

 

R. Iliav n’eut toutefois pas la chance de Mme Hanzel : son enfant décéda au bout de huit jours[24].

 

Quoi qu’il en soit, j’y vois une confirmation qu’à Auschwitz, les femmes enceintes furent admises au camp et qu’elles y accouchèrent. Mais peut-être m’accusera-t-on de généraliser à partir de quelques témoignages personnels. Je soumets donc au lecteur le document F-274, qui se veut de portée plus générale. On lit :

 

A Ravensbrück et à Auschwitz, l’inhumanité des Allemands s’exerçait surtout sur les femmes enceintes. Beaucoup d’avortements par piqûre furent pratiqués. Celles auxquelles leurs enfants furent laissés durent travailler normalement (c’est-à-dire à des terrassements ou divers travaux de force) durant les premiers mois de leur grossesse. L’accouchement était pratiqué dans des conditions convenable