Les
« sélections » à Auschwitz : une étape dans un processus
d’extermination de masse ?
Abordons le cas des
« sélections » opérées à l’entrée du camp d’Auschwitz-Birkenau. La
question est : « Peut-on dire que ces sélections s’inscrivaient dans
un processus d’extermination global : extermination lente pour les juifs
reconnus aptes au travail, extermination rapide pour les autres (vieillards,
enfants, infirmes, femmes enceintes) ? »
Table des matières
Le
discours d’Hitler du 30 janvier 1939
Les
juifs « aptes au travail » sont utilisés comme main-d’œuvre au même
titre que les non-juifs
Les
juifs contribuent à l’effort de guerre allemand
Certains
juifs sont utilisés comme ouvriers spécialisés
Dès
1939, les juifs avaient été utilisés comme main-d’œuvre
De
très nombreux camps de travail pour juifs ont été recensés
Les
dirigeants allemands réclament toujours plus d’ouvriers juifs
Le
cas des juifs « inaptes au travail »
Au
début, les « inaptes » ne sont pas destinés à la déportation
Les
documents archivés aux Centre de documentation juive contemporaine
Les
déclarations de Seyss-Inquart
Les
Allemands ont agi de la même façon avec la main-d’œuvre non juive
Pendant
la deuxième guerre mondiale
Dès
la première guerre mondiale
Déportation
des « inaptes » : les malhonnêtetés de l’exterminationniste
L’exterminationniste
utilise l’enthymème et inverse la charge de la preuve
De
nombreux documents confirment que les « inaptes » n’étaient pas
exterminés
Le
cas des prisonniers non immatriculés à Auschwitz
Auschwitz,
également camp de transit
Des
enfants ont vécu à Auschwitz
Sobibor,
Treblinka, Belzec et Chelmno : camps d’extermination ?
Une
thèse qui se heurte à deux faits
Les
clichés aériens confirment qu’il ne s’agissait pas de camps d’extermination
Les
« camions à gaz » de Chelmno n’ont jamais existé
Les
Allemands voulaient expulser les juifs hors de leur sphère d’influence
La
fameuse lettre du H. Göring à R. Heydrich en date du 31 juillet
1941
La
« Solution totale » de la question juive signifiait l’évacuation des
juifs à l’Est
Les
juifs n’ont pas été exterminés à l’Est
Aucune
preuve matérielle d’une extermination.
La
fonction de Treblinka, Sobibor et Belzec
Conclusion :
les sélections à Auschwitz ne s’inscrivaient pas dans le cadre d’une
extermination
Personnellement, j’estime
que la démonstration apportée dans d’autres textes permet de répondre sans
hésiter par la négative.
1°) Sachant que les
Allemands avaient un besoin primordial de main-d’œuvre productive, il n’y a
aucune raison pour que les juifs reconnus aptes au travail n’aient pas été
traités comme les non-juifs, afin qu’ils donnent un rendement maximum (pour
plus d’informations, cliquez ici) ;
2°) Sachant qu’à
Auschwitz, il n’y a pas eu de chambres à gaz homicides, les juifs reconnus
inaptes au travail n’ont pas pu y être exterminés (pour plus d’informations, cliquez ici).
Mais
je sais qu’un esprit pétri par 50 ans de propagande alliée ne se satisfera
pas de cette réponse. « Les nazis, dira-t-il, en voulaient à mort aux
juifs. Ils les prenaient pour des parasites, incapables de produire, et des
adversaires qu’il fallait éliminer. Dès le 30 janvier 1939, Hitler
lui-même, dans un discours public, déclara qu’une nouvelle guerre en Europe
signifierait « la destruction de la race juive d’Europe »
(Doc. PS-2663 à Nuremberg). L’extermination était donc déjà envisagée ;
Hitler n’attendait plus que le prétexte. La haine des nazis était telle qu’ils
ont traité cette catégorie d’hommes et de femmes hors de toute considération
économique. A Partir de 1942, les nazis ont décidé de se débarrasser des Juifs.
Ils les ont déportés vers l’Est. Là, ils étaient sélectionnés : le plus
forts étaient employés à des travaux durs (mines, terrassement, carrières…) qui
provoquaient rapidement la mort des forçats. Les plus faibles étaient
exterminés, que ce soit à Auschwitz ou un peu plus loin, à Treblinka, à Belzec
ou à Sobibor… Telle fut la conséquence de la logique folle des nazis ».
Cette thèse est d’autant
plus impressionnante qu’elle s’appuie sur deux réalités historiques
indéniables :
- le fameux discours
de Hitler prononcé le 30 janvier 1939 ;
- le fait qu’à partir
de 1942, les juifs d’Europe occupée ont été massivement déportés vers la
Pologne.
Dans un premier temps,
intéressons-nous au discours du 30 janvier 1939. Nous allons démontrer
qu’il ne contient nulle annonce d’une quelconque extermination. Pour saisir le
sens exact du passage si souvent cité, il suffit de le replacer dans le
contexte. Voici ce qu’a déclaré Hitler le 30 janvier 1939 :
Au cas où la
finance judéo-internationale des pays européens et extra-européens réussirait
encore à précipiter les nations dans une guerre mondiale, celle-ci se
terminerait non par la bolchévisation, et, en conséquence, par la victoire du
judaïsme, mais bien par l’anéantissement de la race juive en Europe (die Vernichtung der jüdischen Rasse in
Europa).
En effet, le
temps n’est plus où les peuples non juifs étaient sans défense dans le domaine
de la propagande. L’Allemagne nationale-socialiste et l’Italie fasciste
possèdent à présent des institutions qui leur permettent, le cas échéant,
d’éclairer le monde sur la nature d’une question dont bien des peuples ont une
notion instinctive, mais qui leur paraît obscure au point de vue scientifique.
Pour le moment, la juiverie peut, dans certains États, mener sa campagne avec
le concours d’une presse qui est entre ses mains, du cinéma, de la radiophonie,
du théâtre, de la littérature etc. Cependant, pour le cas où les juifs
réussiraient à nouveau à inciter des millions d’êtres humains à une lutte
insensée en ce qui les concerne, et ayant pour unique objet la défense des
intérêts juifs, on verra se manifester l’efficacité d’une propagande éducatrice
qui, en Allemagne même, a réussi en quelques années à terrasser la juiverie[1].
La dernière phrase,
notamment, est capitale. Elle démontre que dans l’esprit du Führer, il n’était pas question d’un
anéantissement physique par l’assassinat systématique, mais d’un anéantissement
social (expulsion de la vie économique) grâce à une propagande éducatrice
orchestrée en direction des goyim. C’est effectivement ce qui s’était
passé en Allemagne à partir de 1935, avec les lois de Nuremberg.
Poursuivons cependant.
Contrairement à ce que
l’on serait tenté de croire, les Allemands ne considéraient pas les juifs comme
des parasites incapables de produire. La meilleure preuve est qu’il en
utilisèrent pour… l’industrie de guerre. Dans son ouvrage, R. Hilberg
évoque les ghettos dans lesquels les autorités du Reich « favorisaient les
productions à fort taux de main-d’œuvre » :
En conséquence,
les articles les plus courants furent les uniformes, caisses à munitions,
chaussures de cuir, de paille tressée et de bois, petite quincaillerie (parfois
seulement pour le stade de la finition), brosses, balais, matelas, récipients
divers, jouets ; à quoi s’ajoutaient la réparation des meubles et le
ravaudage des vieux vêtements[2].
Les articles produits
firent que « l’armée [allemande] devint rapidement le premier acheteur, et tendit même
à évincer les autres » (Id.).
R. Hilberg conclut : « Ainsi les ghettos devinrent-ils partie intégrante de
l’économie de guerre » (Id.).
Plus loin, il précise : « En 1941, des dizaines de milliers de juifs étaient
profondément intégrés à l’industrie de l’armement » (Ibid., p. 378).
On aurait en outre tort
d’imaginer que ces travailleurs étaient utilisés à des travaux de force, très
durs et ne nécessitant aucune qualification. Lorsque, en 1941, des premières
vagues de déportations survinrent, un chef d’entreprise qui travaillait dans
l’armement envoya à Berlin un télégramme dans lequel on lisait :
Comme chacun
sait, on procède actuellement à une nouvelle déportation de juifs qui touche
nos ouvriers juifs laborieusement formés en vue de leur spécialisation. Ils ont
été dressés à la soudure et au blindage en zinc, et leur départ entraînerait
une diminution de la production, peut-être égale à un tiers [Ibid.,
pp. 377-8].
J’y vois une preuve que
des juifs ont été utilisés dans l’armement en tant qu’ouvriers spécialisés.
Même après les grandes
déportations vers l’Est, en 1942, de nombreux juifs restèrent employés dans ce
secteur. Dans le Gouvernement général, ainsi, le nombre d’ouvriers juifs qui
travaillaient pour la machine de guerre du Reich ne cessa d’augmenter : de
15 091 en janvier 1943, il passa progressivement à 27 439 en mai 1944
(Ibid., p. 461).
Certains pourront me
répondre que l’utilisation de quelques « dizaines de milliers de juifs »
sur plusieurs millions ne prouve rien. C’est vrai. Mais de très nombreux juifs
furent également employés dans d’autres branches. R. Hilberg explique que
dès la fin de l’année 1939 :
A Varsovie, le
Judenrat […] constitua un « bataillon de travail » dont les Allemands
disposeraient selon leurs besoins. Krüger, haut chef des SS et de la Police
pour le Gouvernement général, officialisa la mesure par un décret du
2 décembre 1939, autorisant tous les Judenräte du territoire à organiser
des détachements de travail forcé[3].
(voir un dessin réalisé par
un juif et montrant un bataillon partant au travail)
Ces détachements furent
utilisés « à
des tâches urgentes effectuées au jour le jour ou à certains chantiers »
(Ibid., pp. 219-220). D’après
Hilberg, les Allemands semblèrent « avoir été très satisfaits de ce système » :
Désormais,
toute administration qui avait besoin de main-d’œuvre pouvait présenter ses
demandes au Judenrat […] . Sur les bureaux des responsables juifs s’étalaient
des graphiques où des lignes régulièrement ascendantes montraient l’activité
croissante des détachements. Un journaliste allemand, témoin oculaire, écrivait
à l’époque [août 1940] : « Dans le Gouvernement général, on peut
aujourd’hui voir des troupes juives se déplacer dans les campagnes, la pelle
sur l’épaule, sans aucune escorte allemande. Et c’est aussi un juif qui marche
en tête » [Ibid., pp. 217-8].
Les mois passant, la
main-d’œuvre juive fut utilisée toujours plus largement :
L’administration
du district de Lublin lança un grand programme d’aménagement fluvial et de
construction de canaux, pour lequel elle requit 10 000 juifs répartis en
quarante-cinq camps sous la direction générale du Regierungsbaurat Haller. En 1941, le district de Varsovie mit en
œuvre un projet similaire, qui exigea environ 25 000 juifs. Vers le milieu
de l’année 1941, en Haute-Silésie, le plénipotentiaire Schmelt employait
5 000 juifs, pour 50 pfennigs par jour, à des travaux de force
sur l’axe routier Gleiwitz-Oppeln (Opole). Le territoire finit par être parsemé
de camps. Le plus important, Markstädt, comptait 3 000 travailleurs juifs
[…].
Dans les
premiers temps, on n’utilisa toute cette main-d’œuvre que sur les chantiers de
fossés antichars, d’aménagement hydraulique, de voies ferrées ou autres. Par la
suite, des entreprises industrielles vinrent installer des ateliers dans
certains camps ; corrélativement, on créa d’autres camps à proximité des
grandes usines. Cessant ainsi de correspondre à tel ou tel projet limité, ces
aspects du travail forcé devinrent une institution réellement permanente [Ibid.,
p. 220].
L’auteur poursuit en
affirmant que ces camps « prirent rapidement beaucoup plus d’importance »
qu’au début, lorsqu’ils avaient été créés pour abriter tel ou tel détachement (Ibid., p. 222). A plusieurs
reprises, il rappelle l’utilisation de la main-d’œuvre juive sur une vaste
échelle. On lit par exemple :
En
Haute-Silésie, des dizaines de milliers de juifs avaient été sortis des ghettos
pour être dirigés vers des camps par l’Organisation Schmelt, un bureau
responsable des réquisitions de main-d’œuvre dans la région de la Silésie [Ibid.,
p. 450].
Dans les
ghettos qui subsistaient dans le Gouvernement général, la SS et la Police s’emparaient
des ouvriers les plus forts et les plus qualifiés pour constituer un réservoir
de main-d’œuvre forcée industrielle qui serait préservé pendant deux ans
environ.
Les
« juifs au travail » étaient dirigés sur les camps de travail SS (SS Arbeitslager) et sur les camps des
grandes sociétés (Firmenlager). Les camps SS abritaient des
entreprises détenues par la SS, un projet galicien de l’Ostbahn et quelques
entreprises d’armement [Ibid., p. 455].
Le Catalogue alphabétique confirme ces allégations : il mentionne
plusieurs dizaines de camps de travaux forcés pour juifs qui, de 1940 à 1945,
employèrent de quelques centaines à quelques milliers d’ouvriers[4]. A
cela, il faut ajouter les juifs qui travaillaient dans les camps principaux,
dans leurs commandos et dans les ghettos. Dès lors, on ne saurait prétendre que
les Allemands n’ont pas utilisé la main-d’œuvre juive.
Enfin, quand on sait
combien le Reich manquait de main-d’œuvre (pour voir les preuves, cliquez ici),
on ne peut croire que ce potentiel ait été gaspillé ; on ne peut croire
que ces juifs aient été entassés dans des camps insalubres sans aucun confort,
réduits à la famine, roués de coups, pas soignés etc. Je note d’ailleurs que
lors de l’évacuation de ghetto de Varsovie, beaucoup de juifs s’interrogèrent
sur le destin qui leur était réservé. Certains croyaient qu’ils allaient à la
mort ; mais l’ancien directeur d’un important magasin n’était pas d’accord
et expliqua :
Les Allemands
ne pouvaient pas être assez stupides pour dilapider l’énorme force de travail
que les Juifs représentaient potentiellement. D’après lui, nous [les juifs]
étions destinés à des usines, à de grands chantiers où la discipline serait de
fer, mais non à la mort[5].
C’était le bon sens même.
Certains me répondront
que, bon sens ou pas, cet homme pouvait se tromper. J’en conviens. Mais je
souligne qu’à Nuremberg, l’Accusation a produit un document très
important : un rapport du chef de la Police et des SS du district de
Galicie datée du 30 juin 1943 (Doc. L-018). On y trouve plusieurs
photographies qui montrent les « conditions d’habitation et du travail des juifs »
(voir ces
clichés). Nous le reproduisons ci-après ; à notre connaissance, il
s’agit des seuls clichés publiés d’un camp de travaux forcés pour juifs.
J’appelle l’attention du lecteur sur l’apparente propreté du camp, l’état
physique des travailleurs (ils ne sont ni squelettiques, ni revêtus de
haillons, ils ont au contraire de gros manteaux), la salle de bain (avec
douches et lavabos communs) et les dortoirs[6].
Avec la prolongation de la
guerre et la crise grandissante de la main-d’œuvre, les dirigeants allemands
réclamèrent toujours plus de juifs. Le 16 décembre 1942, ainsi,
l’état-major d’Himmler exigea la déportation à Auschwitz de 10 à 15 000
juifs aptes au travail qui devraient provenir soit du ghetto de Theresienstadt,
soit du district de Bialystok[7]. Il
est très possible que pour beaucoup d’entre eux, Auschwitz n’ait constitué
qu’une étape, car de nombreux travailleurs étaient ensuite envoyés — ou
renvoyés — plus à l’Est, dans des camps de travaux forcés établis près du
front afin de travailler pour l’Armée. En 1943, dans une étude sur les
mouvements de population en Europe, un démographe américain affirma que la
déportation des juifs à l’Est était « l’équivalent du recrutement pour le travail dans le Reich
auquel était soumis le reste de la population de l’Europe contrôlée par les
Allemands, et son déplacement chaque fois plus loin à l’Est était sans doute
liée à la nécessité de satisfaire les besoins de l’armée près du front »[8] (voir le document).
En avril 1944, Hitler
promit à A. Speer d’entrer si nécessaire en contact avec Himmler pour lui
demander la déportation de 100 000 juifs hongrois afin qu’ils travaillent
à la construction d’usines aéronautiques souterraines[9]. Un
document, confirme que le Führer contacta le Reichsführer des SS et lui demanda
non 100 000 juifs, mais le double. Dans une étude, Jürgen Graf
écrit :
Les archives allemandes
de l’époque nous ont révélé, en toute clarté, la raison de ces déportations
massives : l’Allemagne avait un besoin urgent de main-d’œuvre pour son
industrie d’armement. Le 9 mai 1944, Heinrich Himmler informa par lettre
le chef de Bureau central des la SS ainsi que le chef de la SS-WVHA que
10 000 hommes seraient affectés à la SS, pour la garde de la main-d’œuvre
nécessaire au programme de construction Jäger, sinon « le rassemblement,
la garde, et l’exploitation rentable d’environ 200 000 juifs »
seraient impossibles (47) [note 47 :
NO-5689]. Deux jours plus
tard, Himmler ajoutait [Ibid.] :
« Le Führer a ordonné que 10 000 hommes, avec leurs officiers et
sous-officiers, soient affectés à la SS pour la garde des 200 000 juifs
que le Reichsführer-SS a fait transférer dans les camps de concentration du
Reich pour les employer aux grands travaux de l’O.T. (Organisation Todt) et
autres missions militaires importantes »[10].
Le 15 août 1945, le
bureau D du WVHA confirma que plus de 500 000 prisonniers étaient
comptabilisés et qu’on attendait encore 90 000 juifs de Hongrie,
60 000 juifs de Lodz et environ 460 000 autres (Polonais de
Gouvernement général ou de Varsovie, condamnés de droit commun des territoires
de l’Est, anciens officiers polonais, « arrivages français » [?][11]).
Ces documents sont très
important car ils confirment :
1°) que de nombreux
juifs hongrois ont été déportés pour être mis au travail (alors que la thèse
officielle prétend qu’ils ont été exterminés à Auschwitz) ;
2°) que les juifs
hongrois n’ont pas été déportés pour en remplacer d’autres qui auraient été
exterminés. En effet, s’il en avait été ainsi, il n’aurait pas été utile
d’embaucher de nouveaux gardiens ; ceux qui surveillaient les anciens
auraient suffi. L’embauche de nouveaux gardes démontre que ces juifs hongrois
arrivaient en surnombre ;
3°) que la
main-d’œuvre juive était réclamée en même temps que la main-d’œuvre non juive,
très probablement pour les mêmes travaux. Dès lors, on ne voit pas pourquoi les
juifs auraient été maltraités, contrairement aux autres.
Parvenu à ce stade de
notre exposé, les tenants de la thèse officielle répondront : « Si, vraiment,
les Allemands réclamaient de la main-d’œuvre juive pour soutenir leur
production de guerre, comment expliquez-vous qu’ils aient également déporté les
enfants, les femmes enceintes et les vieillards, qui ne leur servaient à
rien ? Il y a là une contradiction insurmontable ».
Encore une objection qui
pourra impressionner le néophyte. Mais, avant de conclure précipitamment, il
faut rappeler une évidence : si, vraiment, la déportation des juifs
s’était inscrite dans le cadre d’une opération d’extermination totale, les
Allemands auraient, dès le début,
raflé tout le monde : hommes et femmes, enfants et vieillards, malades et
bien portants, sans considération ni d’âge, ni d’aptitude à travailler. Cela
posé, il est nécessaire de répondre à une simple question : dans les pays
occupés, et notamment dans les pays de l’Ouest (Pays-Bas, France, Belgique),
les Allemands ont-ils, dès le début,
réclamé tout le monde ? Assurément non.
Dans son étude déjà cité,
E. Aynat écrit :
[…] lors de
conversations entre Allemands et Français destinées à organiser une grande
rafle à Paris de juifs étrangers et apatrides, on déclara que, parmi la
population juive objet de la rafle, il fallait déduire « les juifs
malades, inaptes au transport et trop vieux ». On décida également que les
enfants dont les parents seraient arrêtés resteraient en France à la charge des
organisations juives (25) [note
25 : CDJC, XXVb-55, 8 juillet 1942 (voir une photo du camp de
Gurs)].
Au cours d’une
réunion postérieure, on fixa la limite d’âge pour être arrêté lors de la
prochaine rafle, qui était imminente, à 55 ans pour les femmes et à 60
pour les hommes (26) [note :
CDJC, XXVb-60, 11 juillet 1942][12].
Avec raison, l’auteur y
voit la confirmation que les grandes opérations de déportation commencées en
1942 à l’Ouest répondaient à un objectif premier : le recrutement de
main-d’œuvre. Il écrit :
Il ressort, à
la lecture des documents allemands, que l’objectif des occupants était avant
tout de fournir de la main-d’œuvre juive à l’industrie de guerre allemande et,
plus précisément, à celle qui était située à Auschwitz. Il s’ensuit que les
Allemands n’avaient pas intérêt, à ce moment-là [1942], à arrêter des gens qui
ne servaient pas leurs desseins [Id.].
Mais peut-être certains
rejetteront-ils les affirmations d’E. Aynat au motif qu’elles émanent d’un
révisionniste ? Je leur soumets donc une autre pièce qui vient les
confirmer. Il s’agit du document F-274 — déjà cité —, rédigé en 1945
par un fonctionnaire du gouvernement français et présenté par l’Accusation à
Nuremberg. On lit :
A partir du
moment où les arrestations en France s’intensifient, la déportation doit être
organisée rationnellement dans des buts immédiats, définis :
[…]
3°) Augmenter
la main-d’œuvre en Allemagne.
[…]
L’organisation du convoi elle-même était une première sélection, éliminant les
éléments faibles et inaptes au travail[13]. (voir le document)
Ce document confirme que
les Allemands voulaient des ouvriers, donc pas d’inaptes (malades, vieillards,
femmes enceintes, enfants…). J’ajoute que, dans son ouvrage, R. Hilberg
évoque un accord conclu entre la SS et l’armée pour la fourniture d’une
main-d’œuvre juive. Là encore, on découvre que seuls les travailleurs devaient
être déportés. L’auteur écrit : « Il n’y avait même pas de place pour la proche famille dans
l’accord conclu entre la SS et l’armée »[14].
Cette séparation
inévitable des familles fut cause de scrupules chez A. Seyss-Inquart,
qui gouvernait les Pays-Bas occupés. A Nuremberg, il déclara, à propos des
déportations : « je pensais aussi à l’arrachement dont les familles allaient
inévitablement être les victimes, tout au moins jusqu’à un certain point, en
cas d’utilisation de la main-d’œuvre » (TMI, XVI, 8).
Toutes ces pièces
confirment que longtemps, les Allemands n’ont pas voulu déporter les juifs
inaptes au travail. Certes, il avait été décidé que tous les juifs quitteraient
l’Allemagne et, plus tard, la sphère d’influence allemande en Europe. Mais
pendant la guerre, il est manifeste que, dans les pays occupés de l’Ouest, les
inaptes furent au départ exclus des déportations. Or, si vraiment les Allemands
avaient voulu déporter les juifs tombés entre leurs mains pour tous les
exterminer, ils n’auraient pas hésité : dès le commencement, ils se
seraient emparés de tout le monde — et notamment des enfants ! —
qui se trouvaient en France, en Belgique, aux Pays-Bas etc.
Notons d’ailleurs que les
Allemands ont fait de même avec la main-d’œuvre non juive. A Nuremberg,
F. Sauckel rappela qu’il s’était toujours opposé à l’envoi en Allemagne de
personnes trop faibles ou malades. Face aux juges, il déclara « Je dois attirer
votre attention sur le fait que j’avais formellement interdit, de mon côté,
l’envoi en Allemagne de malades ou de gens incapables de travailler. C’eût été
un crime et une impossibilité au point de vue économique » (TMI, XV, 26). Même constat concernant
les enfants. Le 1er octobre 1942, une rafle fut organisée dans
les quartiers nord de Lublin : « Tous les habitants furent convoqués et rassemblés en un endroit
précis. On vérifia tous les certificats de travail, et tous les Polonais,
hommes ou femmes, qui ne pouvaient justifier d’un emploi furent emmenés dans un
camp [de travail], tandis que les enfants de moins de quinze ans étaient
envoyés à l’orphelinat »[15].
Citons enfin l’avocat général à Nuremberg, Thomas J. Dodd, qui, le
12 décembre 1945, lança : « Les conspirateurs nazis ne se sont pas contentés d’arracher
quelque 5 millions de personnes [les « travailleurs étrangers »]
à leurs enfants, à leur maison, à leur patrie » (TMI, III, 444).
Ces documents démontrent
que les juifs furent traités comme les autres : recrutement des valides,
mise à l’écart des inaptes. Nouvelle preuve que les déportations s’inscrivaient
dans un plan général de recrutement de main-d’œuvre.
Allant plus loin, je
rappellerai que les Allemands avaient agi de la même façon durant la première
guerre mondiale. En France, notamment, dans les zones occupées, les individus
valides ayant entre 16 et 60 ans (ou 18 et 55 ans) furent déportés pour y
être mis au travail. Le 8 octobre 1916, ainsi, l’auteur d’un rapport
intitulé : « Comment l’Allemagne a traité les populations qu’elle
avait à charge d’administrer et de ravitailler » parla de :
la violence
dont furent victimes les habitants du département du Nord, arrachés en grand
nombre à leur foyer et à leur famille, et transportés dans des régions plus ou
moins éloignées pour y être contraints au travail[16].
Plus loin, il précisa que
les « personnes
déportées […] étaient âgées de dix-huit à cinquante-cinq ans »
(Ibid., p. 56). Quelques mois
plus tard, un rapport sur les « violations du droit des gens commises par
l’ennemi pendant l’occupation des territoires libérés en mars 1917 »
déclarait :
Il avait été
déjà procédé antérieurement à la déportation de nombreux habitants, que
l’envahisseur, séparant sans pitié les familles, envoyait travailler en
Allemagne ou dans le nord de la France. Cette mesure est devenue générale et a
frappé toute la partie valide de la population des deux sexes, de seize à
soixante ans, à l’exception des femmes ayant des jeunes enfants [Ibid.,
p. 59].
Or, personne ne prétend
qu’en 1916 et 1917, les Allemands auraient voulu exterminer les Français du
Nord[17]. Tout
le monde est d’accord pour affirmer que s’ils déportaient les plus valides,
c’était parce qu’ils avaient un besoin urgent de main-d’œuvre. Dès lors, on ne
voit pas pourquoi vingt-cinq ans plus tard, les mêmes agissements se seraient
cette fois inscrits dans un vaste programme d’anéantissement…
Là, l’exterminationniste
rétorquera que les juifs inaptes au travail furent finalement déportés vers la
Pologne. Et profitant de ce que les révisionnistes l’admettent sans difficulté,
il lancera : « Puisque les inaptes ont finalement été déportés, votre
thèse s’effondre. De plus, je rappelle que les femmes enceintes, les enfants et
les vieillards déportés avaient disparu en 1945. Où étaient-ils passés ?
Vous êtes bien incapables de me le dire et vous gardez un silence gêné. Eh bien
moi, je vous le dis : ils avaient été réduits en cendres dans les
crématoires. »
Dans un premier temps, je
répondrai que l’exterminationniste utilise un procédé logique très pernicieux,
l’enthymème, et qu’il inverse la charge de la preuve.
L’enthymème est un
syllogisme dont on sous-entend une des prémisses. Exemple : « Paul
est magnanime, donc Paul doit être respecté ». Le syllogisme complet
est : « Paul est magnanime ; or, une personne magnanime doit
être respectée, donc Paul doit être respecté ». Dans cet enthymème, j’ai
omis la deuxième prémisse (une personne magnanime peut être respectée) parce
qu’elle est évidente. Mais parfois, certains ont recours à ce procédé parce que
la prémisse omise n’exprime pas une vérité absolue et qu’il est prudent de
l’escamoter. C’est précisément le cas de l’exterminationniste. Il
déclare : « Les juifs avaient disparu en 1945, donc les juifs ont été
tués ». Le syllogisme complet est : « Des personnes disparues
ont été tuées ; or, les juifs avaient disparu en 1945, donc les juif ont
été tués ». Mais il est bien évident que l’affirmation : « Des
personnes disparues ont été tuées » n’est pas toujours vraie, loin de là.
Ceux dont on est sans nouvelles ne sont pas forcément morts, et s’ils le sont,
ils n’ont pas forcément été assassinés
(ou peut mourir d’accident, de maladie…). Cette vérité s’applique parfaitement aux
juifs déportés : beaucoup d’entre eux (inaptes ou non) ont disparu ;
mais on ne saurait en déduire qu’ils ont été assassinés. Nous avons vu que dans
les derniers mois du conflit, les conditions apocalyptiques qui régnèrent en
Allemagne furent la cause de nombreuses morts (typhus et autres maladies,
froid, dénutrition…) qui ne peuvent en aucun cas être qualifiées d’assassinats.
En outre, il faut ajouter tous les juifs qui, « libérés » par les
Soviétiques, sont restés bloqués à l’Est (donc ne sont pas revenus) et tous les
survivants qui, après 1945, sont partis d’Europe sans laisser d’adresse. Par
conséquent, l’enthymème de l’exterminationniste est un syllogisme erroné, au
motif qu’il qualifie de certaine une
prémisse seulement possible. Dès
lors, la conclusion ne saurait être acceptée[18].
Non content de recourir à
un procédé logique pernicieux, l’exterminationniste inverse la charge de la
preuve. C’est à lui de démontrer que les inaptes au travail ont été exterminés.
En ce qui concerne plus particulièrement Auschwitz, c’est à lui de démontrer
que les enfants, les femmes enceintes et les vieillards étaient immédiatement
gazés. Ces preuves, nous les attendons toujours, et ce ne sont pas les manuels
scolaires qui peuvent nous satisfaire.
Mais encore une fois, je
sais que la personne pétrie par plus de cinquante ans de propagande refusera
cette réponse. Cette personne est en effet contaminée par l’esprit de Nuremberg
selon lequel un « nazi » est automatiquement un coupable, sans même
qu’il soit nécessaire de prouver ses « crimes ». Je rappelle que
l’article 21 du statut du TMI déclarait : « Le Tribunal n’exigera pas que soit apportée la preuve de faits de
notoriété publique, mais les tiendra pour acquis » (TMI, I, 17). Aujourd’hui, ainsi,
l’égalité « 1 juif disparu = 1 juif assassiné » est
universellement admise, ou presque, donnant la fameuse réplique tant de fois
entendue : « Les trains arrivaient pleins et repartaient vides, que
répondez-vous à cela ? »
Je réponds que si,
vraiment, les inaptes au travail avaient été exterminés immédiatement après la
« sélection », sans même entrer dans le camp, aucun document ne
devrait exister, qui en parlerait ensuite. Or, nous allons voir qu’il n’en est
rien.
Prenons l’exemple des
prisonniers non immatriculés d’Auschwitz. D’après la thèse officielle, seuls
les déportés qui, lors de la « sélection », avaient été déclarés
aptes au travail entraient dans le camps pour se faire immatriculer ;
cette immatriculation leur était tatouée sur le bras. Les autres allaient
directement aux crématoires sans entrer dans le camp et donc sans être
immatriculés[19].
Or, l’ancienne déportée P. Lewinska écrit : « Il y avait
également à cette époque [août 1944] dans une enceinte spéciale du camp
14 000 juives qui n’étaient pas tatouées » (voir le document).
14 000 ! Ce n’est pas rien. Sachant qu’à cette époque, la grande
déportation des juifs hongrois s’achevait, tout laisse penser qu’il s’agissait
de juives hongroises. Elles avaient été admises au camp sans être
immatriculées... Certes, je ne sais rien du destin qui leur a été réservé, mais
l’ouvrage de P. Lewinska s’inscrit en faux contre la thèse selon laquelle les
déportés non immatriculés n’entraient même pas au camp.
Autre exemple : celui
des femmes enceintes. Incapables de travailler, elles étaient gazées à
l’arrivée nous dit-on. Mais alors, comment expliquer qu’une sage-femme
polonaise, ancienne déportée à Auschwitz, ait déclaré plus tard :
Parmi les
nombreux convois qui arrivaient sans cesse au camp, les femmes enceintes ne
manquaient pas. J’ai exercé mes fonctions d’accoucheuse dans trois blocs
successivement […]. J’ai pratiqué de la sorte plus de 3 000 accouchements[20]. (voir le document).
Mensonges d’une femme en
mal de reconnaissance ? Nullement. Une autre ancienne déportée à
Auschwitz, P. Lewinska, raconte que « Au début, on se débarrassait d’elles [les
femmes enceintes] par des moyens très rapides » — sans
dire lesquels — mais qu’ensuite, tout changea et qu’il fut même question
de les libérer[21].
Elle termine en écrivant :
J’ignore si les
femmes enceintes ont réellement été libérées, mais je sais que jusqu’à la fin,
elles accouchaient au camp [Ibid., p. 123].
Parmi ces déportées juives
qui accouchèrent figure une certaine Mme Hanzel. Non seulement son bébé ne
fut pas tué mais elle parvint même — par ruse et afin de ne pas en être
séparée — à l’introduire dans la section réservée au femmes à Birkenau.
« La
surveillante SS ignorait qu’il était défendu d’amener des enfants lors
d’un transport. Elle joua avec la petite. » Mais un responsable
SS, Buntrock (qui s’occupait vraisemblablement de l’hôpital), s’aperçut de la
disparition de l’enfant. Il convoqua la mère qui dut lui révéler la vérité.
Fut-elle punie et son bébé tué comme le voudrait la thèse officielle ?
Non :
Après l’avoir
interrogée, [Buntrock] lui dit finalement qu’en vertu de son courage et de son
amour maternel, elle pourrait rester avec son enfant au camp des femmes. Il n’y
avait aucun doute : le SS Buntrock avait été ému[22].
Mentionnons également
Ruth Iliav qui arriva à Auschwitz en décembre 1943. Alors qu’elle en était
à son septième mois de grossesse, elle fut sélectionnée et partit à Hambourg
pour y effectuer des travaux de déblaiements. Mais son état ayant été déclaré
par la chef de chambre, un médecin SS l’envoya, ainsi qu’une autre, à
Ravensbrück (« Nous recevons des vivres pour le voyage et quittons Hambourg
pour […] Ravensbrück »). Là, on s’aperçut que leur numéro ne
faisait pas partie du camp et on les renvoya à Auschwitz. Elle déclare :
« La
nouvelle arrive jusqu’aux oreilles du docteur Mengele. Et nous recevons bientôt
sa visite ». Va-t-il les envoyer au crématoire comme le veut la
thèse officielle ? Non :
Il nous ordonne
d’aller au quartier réservé pour les malades et d’attendre là l’accouchement.
J’attends pendant dix jours, pendant dix jours le docteur Mengele vient me
voir. Les douleurs commencent. Une sage-femme détenue me met sur le sol et
l’aide à accoucher. Mon premier enfant. Une petite fille. J’aurai bientôt
vingt-et-un ans. Malgré la misère, j’éprouve pour la première fois le bonheur
d’être mère[23].
R. Iliav n’eut
toutefois pas la chance de Mme Hanzel : son enfant décéda au bout de huit
jours[24].
Quoi qu’il en soit, j’y
vois une confirmation qu’à Auschwitz, les femmes enceintes furent admises au
camp et qu’elles y accouchèrent. Mais peut-être m’accusera-t-on de généraliser
à partir de quelques témoignages personnels. Je soumets donc au lecteur le
document F-274, qui se veut de portée plus générale. On lit :
A Ravensbrück et à Auschwitz, l’inhumanité des Allemands s’exerçait surtout sur les femmes enceintes. Beaucoup d’avortements par piqûre furent pratiqués. Celles auxquelles leurs enfants furent laissés durent travailler normalement (c’est-à-dire à des terrassements ou divers travaux de force) durant les premiers mois de leur grossesse. L’accouchement était pratiqué dans des conditions convenable