Les
Alliés ont-ils su qu’un génocide se perpétrait ?
Table des matières
D’après
la thèse officielle, les Alliés savaient dès 1942
Une thèse qui
permet de pallier l’absence de preuves
Toutes les sources d’information n’avaient
pas la même valeur
F. Bédarida
cite en vrac les différentes sources d’information
Des précédents qui
rendaient suspectes les informations d’origine juive
L’ouvrage
de B. Lecache en 1927
Dès
mars 1932, des juifs hurlent que Hitler et d’autres veulent exterminer les
juifs
Les instances
officielles ne prennent pas ces appels au sérieux
La guerre favorise
l’apparition et la circulation de nouvelles rumeurs
De nombreuses
rumeurs circulent à propos des camps et dans les camps
Les bruits
concernant le « génocide » : une simple rumeur parmi tant
d’autres
Les Alliés
n’accordent aucun crédit à ces rumeurs
Même des juifs n’y
accordaient aucun crédit et faisaient davantage confiance aux démentis
allemands
Le cas du War Refugee Board Report
Un document qui se
voulait exceptionnel
Les Alliés n’ont
pas utilisé le War Refugee Board Report…
… parce qu’ils
savaient qu’il était mensonger
Conclusion sur les sources d’information juives
Les informations données par le Gouvernement
polonais en exil
La Résistance
polonaise avait infiltré Auschwitz…
La Résistance
polonaise ne parle jamais d’Auschwitz comme d’un centre d’extermination des
juifs
Conclusions à
tirer des informations données par la Résistance polonaise
Les clichés aériens pris au-dessus d’Auschwitz
Des clichés soigneusement analysés
Des clichés qui n’ont pas confirmé les rumeurs juives sur
l’ « Holocauste »
Les autorités américaines réduites à la falsification 35 ans après
Des clichés aériens qui gênent énormément les propagateurs de la thèse
officielle
La malhonnêteté des propagateurs du mythe de
l’ « Holocauste »
Les historiens officiels
prétendent que dès 1942, les Alliés et les neutres savaient qu’un génocide se
perpétrait à l’Est (voir
un article paru dans Historia en 1999).
Voici, par exemple, ce qu’on peut lire dans leurs publications :
On sait
aujourd’hui grâce à des travaux récents que les Alliés ont reçu à partir de
1941-1942 quantité d’informations tant sur l’extermination des juifs que sur
les massacres des populations slaves[1].
Il n’empêche
qu’à la fin de 1943 et au début de 1944 les informations s’accumulent sur […]
les camps de Majdanek, de Treblinka, de Rawa-Ruska. Depuis janvier 1944, l’OSS
dispose d’un rapport très complet sur Auschwitz, avec des chiffres précis, une
description des méthodes de sélection et de gazage […]. Bref, le stade des
rumeurs et des supputations est franchi. Les vérifications ont été faites. Qui
veut savoir sait[2].,
Ce mêmes historiens
prétendent que, malgré ces informations certaines, les Alliés n’ont pas voulu
agir, pour des raisons plus ou moins avouables. F. Bédarida écrit :
En fait,
plusieurs facteurs ont concouru au comportement des Alliés : la priorité
absolue donnée aux objectifs militaires en vue de détruire les forces armées du
Reich et de contraindre l’Allemagne à la capitulation sans condition ; le
souvenir tout proche de la Première Guerre mondiale avec sa propagande et son
“bourrage de crâne” […] ; la crainte de tomber dans le piège de la
propagande nazie qui présentait régulièrement le conflit comme une “guerre
juive”, provoquée par les juifs et conduite en fonction de leurs intérêts
[…] ; la méconnaissance, fréquente chez les Alliés, de la nature
spécifique du national-socialisme […] ; la confusion alors si répandue
dans les esprits (et qui ne s’est dissipée que peu à peu après la guerre) entre
le génocide (crime contre l’humanité) et les “atrocités” allemandes (crime de
guerre) ; mais peut-être plus que tout l’incapacité à imaginer la
perversité exterminatrice d’un système de tueries industriel et planifié[3].
Dans cette affaire, le
principal accusé reste le pape Pie XII qui aurait gardé le silence malgré
les révélations très précises du SS Kurt Gerstein.
Cette thèse est capitale
pour les exterminationnistes : car elle permet non seulement de rendre
tout le monde responsable[4], mais
aussi, et surtout, de pallier l’absence de documents allemands : « Même si les nazis ont effacé toutes les traces, dit-on, même
si l’on ne peut retrouver des écrits allemands qui parlent explicitement du
génocide, de nombreux documents sans ambiguïté sont conservés dans les archives
alliées. Considérez par exemple le mémorandum d’une vingtaine de pages sur
“l’extermination” remis le 8 décembre 1942 à la Maison blanche par le
président du Congrès juif mondial, Stephen Wise. Il y était, entre autres,
question de “massacre par trains entiers d’enfants et d’adultes juifs
dans des grands crématoriums à Ozwiecim [Auschwitz] près de Cracovie”[5]. Déjà en décembre 1942 ! Comment aurait-on pu inventer
tout cela s’il n’y avait rien eu ? C’est bien la preuve qu’un génocide se
perpétrait. Ajoutons à cela les révélations du SS K. Gerstein qui, en
1945, raconta comment il avait voulu, mais en vain, alerter les autorités dès
1942 ».
Une nouvelle fois, cette
argumentation impressionnera. Car elle s’appuie non seulement sur des documents
dont ni l’existence ni le sens ne sauraient être discutés, mais aussi sur une
logique apparemment parfaite (« Des gens l’ont révélé dès le début ;
ils n’avaient pas pu l’inventer ; donc c’est vrai »).
Je passerai rapidement sur
les « confessions » du SS K. Gerstein, dont il a beaucoup été
question en 2002 avec le film Amen de
Costa-Gavras. Dans une annexe à ce dossier, le spécialiste de la question,
Henri Roques, nous dit ce qu’il faut penser de cette œuvre
cinématographique et de son personnage central (cliquez ici pour lire l’annexe).
Au sujet des informations
diffusées à partir de 1942, la malhonnêteté consiste à prétendre que toutes les
sources dont disposaient les Alliés avaient la même valeur et qu’elles auraient
toutes donné des indications concordantes, parlant par exemple de gazages à
Auschwitz. Dans sa brochure, F. Bédarida cite à la suite et sans aucune
distinction les « organisations juives (Congrès juif mondial, Agence juive
pour la Palestine, Joint Distribution
Commitee) », les « services de
renseignements (Intelligence Service et OSS) », des « informateurs et des
émissaires du gouvernement polonais en exil » et les « quelques rescapés
de ces camps […] en particulier deux jeunes juifs slovaques, membres d’un Sonderkommando, Vrba
et Wetzler, échappés d’Auschwitz en avril 1944 » (voy.
F. Bédarida, op. cit.,
p. 43). C’est grâce à tout ce petit monde, dit-il, que, dès 1941-1942, les
Alliés auraient su. Le néophyte s’imaginera donc que les dirigeants alliés
reçurent presque simultanément de toutes ces sources des renseignements
analogues les uns aux autres.
Toutefois, lorsqu’on
étudie la question de plus près, on s’aperçoit qu’il n’en est rien. En vérité,
les premières « informations » sur une prétendue extermination furent
divulguées par des juifs. Ce fait est très important, car personne ne conteste
que les personnalités juives engagées et les organisations juives ont toujours
eu tendance à grossir démesurément les faits (au point de verser dans le
mensonge pur et simple).
A ce sujet, un exemple
moderne, bien qu’oublié, mérite d’être mentionné. En 1927, celui qui allait
plus tard participer à la fondation de la LICA (Ligue internationale contre
l’antisémitisme), Bernard Lecache, publia un ouvrage intitulé : Quand Israël meurt…[6].
Il y était question des pogroms en Ukraine. Sur la bande de couverture, on
lisait :
300 000
personnes assassinées à 600 lieues de la France…
Pour qu’un
crime aussi effroyable ne s’oublie pas, Bernard
Lecache est allé enquêter sur place. Les témoignages qu’il a rapportés
reflètent l’épouvante des atrocités dont les survivants furent les témoins et
souvent les victimes.
A la page 6, l’auteur
« récapitulait » ainsi :
Quinze mille
kilomètres parcourus, plus de trois cents témoignages personnellement
recueillis, des documents à foison, un contact quotidien et libre avec les survivants
m’ont amené à la connaissance véridique d’une époque à la fois héroïque et
basse, pleine de gloire et de sang.
Or, malgré cette belle
envolée du début, cet ouvrage est tout sauf une enquête sérieuse :
- On n’y trouve aucun
rapport consultable, aucune bibliographie, aucune référence précise à un
quelconque document de synthèse.
- Les affirmations
sans preuve succèdent aux « témoignages d’atrocités » non vérifiés et
invérifiables. Voyez notamment les chapitres intitulés : « Chapelet
d’atrocités » (pp. 152-161) et « Broutilles »
(pp. 173-181). L’auteur prétend qu’à Makarov, on a « décimé les juifs,
éventré les juives, porté [l]es petits juifs au bout des piques »
(p. 158), qu’une délégation de 17 vieillard juifs « fut littéralement hachée
en morceaux » (pp. 158-9), que l’assassin Petlura arrivait
partout en déclarant : « Je veux que le sang juif coule jusqu’au Dniepr »
(p. 159), qu’à Rejychev, « les juifs étaient mis sur la croix, ou bien enterrés
vivants, ou brûlés à petit feu, la tête en bas » (p. 160), qu’à Tripollie, « Zelyoni comblait
les puits avec des juifs vivants […] coupait les seins des femmes, et, quand
elles étaient enceintes, les accouchait à grands coups de sabre. Aux hommes, il
coupait les parties sexuelles et crevait les yeux » (Id.) ; qu’à Kagarlyk, des juifs « suspendus par
les bras, furent ensuite empalés » (p. 180). On
retrouvait-là quelques-uns des thèmes principaux de la propagande
anti-allemande des années 1914-1919 : personnes crucifiées, femmes
éventrées, seins coupés[7],
bébés embrochés (voir documents).
- Les rares notes de
bas de page n’apportent absolument rien (voir un exemple).
- Les quelques
photographies qui montrent des cadavres attestent bien l’existence de tueries
locales, mais pas des abominables tortures décrites au long des pages sur la
foi de « témoignages » et de « documents » que l’auteur prétend
résumer sans « rien inventer », sans « exagérer […] d’une virgule »[8].
- Quant au décompte
final, « trois
cent mille morts » (p. 3),
« Trois cent mille juifs martyrisés »
(p. 254), il n’est fondé sur rien. L’ouvrage ne contient aucune étude
statistique. On n’y trouve bien, ici et là, quelques estimations, mais elles
sont très souvent vagues et n’ont aucun fondement[9]. Je
note d’ailleurs que d’après B. Lecache, le pogrom de Proskouroff (ou
Proskurov) le 15 février 1919 aurait fait 3 000 victimes. Or, dans
son Livre de la mémoire juive, Simon
Wiesenthal — dont on connaît également la propension à mentir et à
exagérer — parle de « 1 500 juifs » égorgés[10],
soit une différence de 100 % entre les deux. En outre, l’addition de ces
estimations locales (même à les supposer vraies) ne justifie nullement, et de
très loin, le nombre global (300 000).
Mais qu’importait à
l’auteur. L’important était de présenter les juifs comme les victimes
innocentes d’une campagne d’extermination unique dans l’Histoire. Ainsi
B. Lecache n’hésitait-il pas à parler du pogrom de Proskouroff comme d’un
crime sans comparaison possible, unique de par son ampleur et son organisation
méthodique. Aux pages 216-7, on lit :
A quoi bon
tenter des comparaisons, peser tel ou tel massacre dans la balance de l’Histoire ?
Le plus grand crime des temps modernes fut commis à Proskouroff.
Aucun n’est
pareil à celui-ci, aucun n’est aussi vaste que celui-ci. Jamais on ne vit
pareille hécatombe. Jamais on ne vit contre des gens innocents, pacifiques et
sans défense, férocité pareille, atrocité aussi nombreuses et aussi ordonnées,
organisation aussi formelle et systématique d’un ensemble de tortures et de
meurtres dont le détail relève de la pathologie.
On le voit, bien avant
1942, la dialectique était en place : certains juifs, comme Bernard
Lecache, hurlaient déjà que des bandes organisées tentaient (ou avaient tenté)
de les exterminer.
Cinq ans plus tard, Hitler
était aux portes du pouvoir. Immédiatement, la campagne d’intoxication
commença. Dans son deuxième numéro de mars 1932, l’organe de la LICA, Le Droit de Vivre, titra : « Hitler menace la vie des juifs » (p. 1). En
guise d’illustration, on voyait un vieillard juif, blessé au visage et à la
main droite (pouce sectionné). La légende portait : « Non content de
l’avoir grièvement blessé les bandes de Petlioura lui ont sectionné les doigts
de la main droite » (voir le document). Le lecteur
inattentif ou peu au courant s’imaginait ainsi que des scènes d’une grave
violence avaient déjà commencé en Allemagne. Or, il faut savoir que les
« petliouristes » étaient les partisans de Simon Petlura (ou
Petlioura), un socialiste ukrainien dont le nom fut associé à de terribles
violences anti-juives commises en Ukraine (notamment dans la région de Jitomir)
fin 1918-début 1919[11]. Par
conséquent, le cliché n’avait aucun rapport, même lointain, avec l’Allemagne et
Hitler.
Dans cette même livraison,
le droit de vivre allait jusqu’à
prétendre qu’un danger d’ « extermination » planait dans six
pays d’Europe. On lisait :
Resterions-nous
insensibles au fait que six nations européennes abritent, sans les châtier, des
organisations qui ont pour premier but le triomphe de l’antisémitisme ? Ce
n’est pas seulement la ruine des minorités juives qu’elles poursuivent. C’est
leur extermination [Voy. le droit de vivre, mars 1932,
p. 1].
Neuf mois plus tard,
Bernard Lecache avertissait le monde que « les hitlériens polonais »
(sic) avaient « tenté de […] massacrer » la population juive
de Lwow et que « si l’on en cro[yait] les informations de dernière heure », ces violences étaient « le prodrome d’une
action concertée et généralisée contre les juifs » (voy. le droit de vivre, décembre 1932,
p. 1). Bref, nous étions invités à croire que les juifs de Pologne étaient
menacés d’extermination. L’article de B. Lecache était rédigé sous forme
d’un appel à participer à une manifestation, le 7 décembre 1932, à Paris. Le
titre était : « Pour sauver les juifs de
Pologne / tous, mercredi 7 décembre, à Wagram ! ».
L’avenir démontra que ces cris d’alarme n’étaient nullement justifiés… Bien que
les juifs polonais aient toujours été victimes d’un antisémitisme
« traditionnel », ils ne furent jamais menacés d’extermination par le
pouvoir.
Mais les propagandistes
professionnels se moquent de tous les démentis apportés par le temps.
B. Lecache et ses comparses vivaient de l’indignation et de la
dénonciation de menaces fantômes. Par conséquent, ils n’allaient pas cesser.
Le 30 janvier 1933,
Hitler arriva au pouvoir. Sans surprise, le
droit de vivre se déchaîna. Dans sa livraison de mars 1933, il titra en
première page et sur six colonnes : « Rassemblement !
Hitler est au pouvoir. 700 0000 juifs sont menacés de mort. Il faut les
sauver ! Tous autour de la LICA » (voir document). Un mois plus
tard, ce mensuel écrivit : « Tous les juifs d’Allemagne sont menacés de mort,
officiellement voués au pillage, à la torture, au massacre » (voy. Le
Droit du Vivre, mai 1933, p. 1). Puis ce furent les tracts annonçant que le
national-socialisme avait « juré l’extermination du judaïsme allemand »
et demandant de boycotter les produits allemands (voir document).
Quand on sait que
B. Lecache était le fondateur de cet organe de presse, ces manchettes ne
surprennent pas. Ces appels restèrent d’ailleurs l’apanage de quelques
excités ; ni la presse nationale, ni les gouvernements n’y apportèrent
leur soutien actif. Dans les hautes sphères, on connaissait
B. Lecache ; on se souvenait de son ouvrage publié en 1927 ; on
se souvenait de ses appels pour les juifs polonais fin 1932 ; on savait
qu’il ne faisait que reprendre la même rhétorique, en l’appliquant cette fois à
l’Allemagne.
On savait en outre qu’il
ne reculait pas devant certains procédés malhonnêtes, comme l’utilisation
abusive de clichés. J’ai déjà mentionné le cas du vieillard juif victime des
« petliouristes » et 1919 et réutilisé pour dénoncer les violences en
Allemagne en 1932. Un autre exemple mérite d’être cité. Dans sa livraison du 1er
février 1936, le droit de vivre
consacra à long article à une Suédoise, Eva Manberg, qui avait été
emprisonnée en Allemagne. A l’hôpital de la prison de Moabit, elle aurait vu
des détenues affreusement torturées. En guise d’illustration, on pouvait voir
le cliché montrant une personne dont le postérieur était sévèrement blessé. La
légende portait : « Après le supplice dans la prison » (voy. le droit de vivre, 1er
février 1936, p. 3). Étrangement, alors que l’article évoquait le quartier
les tortures dont des femmes auraient été les victimes[12], la
personne montrée était un homme. En vérité, ce cliché avait déjà été publié
trois ans auparavant par le même magazine, dans sa livraison de mai 1933
(p. 3). A l’époque, cependant, il n’était question ni d’Eva Manberg, ni
de la prison de Moabit ; l’article dénonçait les violences antisémites en
Allemagne et la légende portait : « A la suite des mauvais traitements infligés
par les S.A., un dirigeant du Reichsbanner a été obligé de s’aliter et il est
dans l’incapacité de travailler » (voir les deux documents).
On le voit, le droit vivre adoptait
les pratiques les plus malhonnêtes de la basse propagande…
La guerre et les premières
déportations allaient fournir à de tels individus un terrain plus propice
encore. Toutes les époques troublées connaissent une augmentation sensibles des
rumeurs les plus diverses. La deuxième guerre mondiale n’allait pas échapper à
la règle. Pour s’en convaincre, il suffit de relire la presse de l’époque.
Disgrâce et même mort de hauts personnages pourtant toujours bien vivants et
bien en place, scènes de révolution chez l’ennemi où, après vérification, tout
est calme, prétendus débarquements sur des plages qui se révèlent désertes…
tout y passe. Certaines rumeurs naissaient seules, d’autres étaient lancées par
des officines de propagande dans un but bien précis (affoler ou rassurer les
populations ou les soldats…).
Dans un ouvrage de
268 pages paru fin 1940 et intitulé La
guerre du mensonge, Paul Allard rappela comment, d’août 1939 à juin 1940,
les Français avaient subi un odieux « bourrage de crâne » : la
victoire de l’armée polonaise (septembre 1939), le discours désespéré d’un
Hitler aux abois (6 octobre 1939), la révolution qui grondait en Allemagne
(septembre 1939-mai 1940), le folle offensive du 10 mai 1940 et son échec
(mai-juin 1940), la « victoire » de Dunkerque (juin 1940), les pannes
d’essence chez les Allemands (mai-juin 1940), le « dernier quart
d’heure » où la victoire allait changer de camp (juin 1940)[13]…
Deux ans plus tard, ce même auteur dénonça une série de rumeurs qui avaient été
véhiculées (sinon inventées) par Radio-Londres : promesse d’Hitler à
Pétain et à Darlan de les nommer respectivement maréchal d’Europe et amiral
d’Europe, microbes déversés sur Paris, rupture imminente des relations
diplomatiques entre la France et les USA, assassinat de M. de Brinon,
bonbons vitaminés destinés à stériliser les jeunes Français, Allemands
organisant des messes où les hosties portent des croix gammées, avions
allemands déguisés en avions de la RAF allant bombarder des objectifs civils…[14]
La
« Libération » en 1944 ne changea rien. Le 19 septembre 1944,
ainsi, sous le titre « Hitler et ses lieutenants se réfugieraient au
Japon », le quotidien français Libres
écrivit :
A en croire une
source particulièrement bien informée de Berne, Hitler et ses lieutenants
auraient choisi comme lieu de refuge le Japon.
De récentes
entrevues entre Hitler et l’ambassadeur nippon Oshima, au Grand Quartier
général allemand, auraient porté essentiellement sur ce point.
Au Japon,
Hitler qui conserverait l’espoir de revenir, un jour, dans son pays, dirigerait
la lutte clandestine en Allemagne[15].
Cette rumeur perdura,
puisque le 28 octobre 1944, ce même quotidien annonça en première page :
« Hitler
aurait organisé lui-même l’attentat du 20 juillet pour faire arrêter les
généraux qui s’opposaient à sa fuite au Japon ». Quel
machiavélisme !
Le 26 décembre 1944,
la presse française annonça la mort d’Otto Skorzeny, « abattu par Nicolas
Horthy qu’il voulait arrêter »[16]. Or,
rappelons qu’O. Skorzeny est mort à Madrid le 7 juillet 1975…
Quant aux rumeurs sur les
camps, elles se répandirent d’autant plus vite que ces lieux étaient entourés
d’un grand secret par des Allemands soucieux de cacher leurs activités
industrielles. Dans son témoignage, l’ancienne déportée P. Lewinska écrit
que la déportation « était l’inquiétante plongée dans un véritable brouillard
rendu plus menaçant et plus terrible par les bruits qui couraient parmi les
hommes en liberté » ; « on parlait d’une chambre à gaz, d’un four
crématoire d’où l’on pouvait retirer les cendres »[17].
A l’intérieur même des
camps, de nombreuses histoires circulaient. Dans son témoignage, ainsi,
A. Rogerie se souvient qu’en janvier 1944, ils apprirent le… débarquement
américain ; « puis après, poursuit-il, nous avons su aussitôt que c’était un bobard,
un de ces affreux bobards qui courent dans les camps »[18].
Certaines rumeurs étaient beaucoup plus morbides. Rappelons par exemple celle
du savon que l’on disait fait à partir de la graisse de juifs[19]. De son
côté, un ancien déporté rapporta que la gelée vinaigrée qu’on leur donnait à
manger était appelée « du Russe » parce qu’elle était « censée avoir été
fabriquée avec les cadavres » de Soviétiques[20].
Dans cette ambiance de
folie, et quand on connaît les appels lancés depuis 1932 par des individus
comme B. Lecache, il n’est pas surprenant que des bruits aient commencé à
courir sur les juifs. La rumeur du « génocide » naquit probablement
vers la fin 1941 dans certains milieux juifs slovaques ou polonais[21]. En
mai 1942, elle courait déjà dans le ghetto de Varsovie.
Le fait qu’il se soit agi
de simples bruits se révèle nettement à la lecture des mémoires d’un ancien
habitant du ghetto, Wladyslaw Szpilman. Il écrit :
C’est à peu
près vers cette époque que des bruits de plus en plus inquiétants ont commencé
à circuler dans le ghetto avec une régularité grandissante, même s’ils ne
s’appuyaient sur aucune preuve, comme d’habitude. Personne ne trouvait jamais
leur source directe, ni la plus infime confirmation qu’ils étaient fondés sur
une tangible réalité, et pourtant ils revenaient sans cesse[22].
Peu après, grâce aux
militants sionistes très actifs en Europe, la rumeur avait atteint les Alliés,
notamment leurs représentants dans les pays neutres. Mais les bruits colportés
par les agences suives étaient les plus contradictoires et les plus
invraisemblables. Le 26 septembre 1942, ainsi, le représentant américain
au Vatican écrivit au cardinal Maglione pour l’informer que, d’après un rapport
de l’Agence juive pour la Palestine, les corps des juifs fusillés étaient
utilisés pour fabriquer de la graisse et des engrais, certains ayant même été
exhumés dans ce but[23]. Un
mois plus tard, l’ « Organe de liaison des Forces françaises contre
la barbarie raciste » prétendit que sur les « milliers de femmes et d’enfants juifs
déportés de France », de nombreux avaient été « brûlés vifs dans
des wagons plombés »[24]. Le
24 novembre, en page 10, le New York
Times allégua que les juifs étaient exterminés par noyade dans la rivière
Bug. Le lendemain, le président du Congrès juif mondial, Stephen Wise,
déclara que « Hitler avait ordonné l’extermination des tous les juifs
avant la fin de l’année dans l’Europe occupée ». L’homme prétendait tenir ses informations d’un « émissaire européen
non identifié du Président [américain] » qui, interrogé sur ce
programme d’extermination, aurait répondu : « Les pires de vos craintes sont justes ».
Il ajoutait que « des renseignements en sa possession » — « probablement
des dépositions », écrivait le journaliste — « l’avaient amené à
croire que 2 500 000 des 5 000 000 de juifs dans les territoires
de l’Europe occupée avaient déjà été exterminés ». Il terminait
en affirmant que « plusieurs
méthodes de mise à mort avaient été employées », parmi lesquelles
« le
poison, l’asphyxie et l’injection d’une bulle d’air dans le flot sanguin des
victimes » ; cette dernière « était devenue commune » et
elle permettait de traiter « plus de 100 hommes à l’heure »[25] (voir l’article). Le
20 décembre 1942, en page 23, le New
York Times parla des chambres d’électrocution de Chelmno et de Belzec. Sept
mois plus tard, J’Accuse dénonça les
« nazis
[qui] tu[ai]ent des milliers d’êtres humains dans les chambres à gaz, par
électrocution au contact des fils à haute tension » et qui
donnaient aux internés d’Auschwitz des vêtements « faits de papier » (voy. la livraison de juillet 1943,
pp. 1 et 2). Peu auparavant, ce même organe avait parlé de « 6 000 juifs
enterrés vivants » à Vitebsk ainsi que des « villes de la Russie
blanche » dans lesquelles,
d’après des « témoins oculaires », les bourreaux ouvraient
le ventre des femmes et leur coupaient les seins (voy. J’Accuse, février 1943).
Ainsi, d’après ces
informations issues de sources juives, les juifs auraient été : fusillé,
brûlés vifs, éventrés, noyés, enterrés vivants, empoisonnés, tués par bulle
d’air, électrocutés soit dans des chambres, soit contre des fils à haute
tension, asphyxiés ou gazés. Cette disparité dans l’information démontre qu’il
s’agissait de simples rumeurs sans aucun fondement et se développant dans la
plus totale anarchie. Ces rumeurs venaient s’ajouter aux milliers d’autres qui circulaient
depuis septembre 1939.
Ce fait apparaissait
d’autant plus nettement que les Alliés n’avaient pas la mémoire courte :
ils se souvenaient que le 22 mars 1916, déjà, le Daily Telegraph (de Londres) avait — faussement — accusé
les Allemands d’avoir assassiné des centaines de milliers de Serbes en les
passant à la baïonnette ou en les étouffant « au moyen de gaz asphyxiants »[26] (voir). Ils se souvenaient
en outre des allégations du sieur Lecache en 1927 sur les juives ukrainiennes
au ventre ouvert et aux seins coupés et sur les enterrés vivants. Il se
souvenaient enfin des campagnes d’excitation orchestrées à partir de 1932 par le droit de vivre. Par conséquent, tous
ces rapports et toutes ces déclarations issues des organisations juives étaient
prises pour ce qu’elles étaient : de la basse propagande recyclée et
véhiculée par des individus sans imagination.
Fait extrêmement
révélateur : de nombreux juifs n’accordaient aucun crédit à ces récits.
W. Szpilman écrit :
Certains
prenaient ces informations très au sérieux alors que, chez d’autres, elles
entraient par une oreille et ressortaient par l’autre[27].
Plus loin, l’auteur
raconte qu’un jour, le bruit courut qu’à Lublin et Tarnow « les juifs avaient apparemment été
asphyxiés avec du gaz » ; mais, poursuit-il,
l’ « affirmation
[était] tellement incroyable que personne ne voulait lui accorder le moindre
crédit » (Id.).
Ajoutons que certains
juifs haut placés semblaient faire davantage confiance aux Allemands qu’aux
rumeurs. C’est ainsi par exemple qu’en 1943, le directeur de la communauté
israélite de Vienne, Josef Löwenherz, demanda aux autorités allemandes si
le bruit selon lequel « les juifs étaient mis à mort » correspondait
à la réalité. Le directeur de la Gestapo de Vienne, Franz Huber, téléphona au
RSHA sur la ligne directe d’Heinrich Müller afin de s’informer. D’après un
Allemand qui était présent :
Quand nous
rentrâmes [avec J. Löwenherz dans le bureau], Huber nous dit que Müller
avait écarté toutes ces allégations qui n’étaient que des rumeurs
malveillantes. Löwenherz fut visiblement soulagé[28].
On le voit : même
dans les milieux juifs vivant sous domination allemande, le scepticisme
régnait…
En novembre 1944, le War Refugee Board (une officine américaine
chargée de secourir les réfugiés) publia un rapport fondé sur les allégations
de deux juifs, Rudolf Vrba et Fred Wetzler, qui affirmaient s’être
échappés de Birkenau sept mois auparavant. Les auteurs donnaient un plan
schématique des quatre crématoires du camp et expliquaient ainsi le processus
de gazage :
Les crématoires
du type I et II se composent de trois parties : a) la salle des fours ; b) le grand
hall ; c) la chambre à gaz. Une cheminée gigantesque s’élève du milieu de
la salle des fours ; il y a là neuf fours, ayant quatre orifices chacun
[…].
A côté se
trouve un grand hall de préparation, aménagé de façon à faire croire qu’on se
trouve dans le hall d’une installation de bains. Il peut contenir 2 000
personnes et on dit qu’en dessous se trouve une salle d’attente de la même
dimension. Derrière une porte, quelques marches conduisent dans la chambre à
gaz, étroite et très longue, qui est située un peu plus bas. Des installations
de douches sont peintes sur le mur, de manière à créer l’apparence d’une
immense salle de bains. Le toit plat porte trois fenêtres qu’on peut fermer
hermétiquement de l’extérieur au moyen de volets. Une paire de rails va de la
chambre à gaz à la salle des fours, en passant par le grand hall.
L’opération de
gazage se déroule de la manière suivante : les victimes sont conduites
dans le hall B, où on leur dit qu’on les mènera aux bains. On les oblige à
se déshabiller et, afin de renforcer leur conviction qu’en effet on les conduit
aux bains, des hommes en blouses blanches remettent à chaque personne une
serviette et un petit morceau de savon. Ensuite, on les presse dans la chambre
à gaz C. 2 000 personnes s’y entassent de telle façon que, par la force
des choses, tout le monde reste debout […]. Quand tout le monde est enfin entré
dans la chambre, on ferme la lourde porte. Puis on attend un peu, probablement
pour faire monter la température à l’intérieur de la chambre à un certain
degré. Ensuite, des SS munis de masques à gaz et portant des boîtes en fer
blanc montent sur le toit, ouvrent les volets et versent le contenu des boîtes,
un produit poussiéreux, dans la chambre. Ces boîtes portent l’inscription
« Cyclon – insecticide » […]. Au bout de trois minutes, toute vie
dans la chambre a cessé […]. Puis on ouvre la chambre, on l’aère et, sur des
wagonnets plats, le commando spécial transporte les corps à la salle des fours,
où on procède à l’incinération[29].
Pour la première fois,
donc, le monde était vraiment informé. Or, il est intéressant de voir que ce
document ne fit pas grand bruit. En particulier, les dirigeants alliés n’en
profitèrent pas pour rédiger une nouvelle déclaration commune sur les
« atrocités nazies » du type de celles qu’ils avaient diffusées en
décembre 1942, en novembre 1943 et, dans une moindre mesure, en octobre 1944.
Pourtant, je rappelle qu’en novembre 1943, les Alliés avaient failli parler des
« chambres à gaz » homicides, mais qu’ils s’en étaient abstenu au
tout dernier moment à la suggestion du gouvernement britannique qui arguait
— avec raison — l’absence de « preuve suffisante »[30] (voir le document) ;
je rappelle également qu’en octobre 1944, après que les radios anglaises et
américaines eurent accusé les Allemands d’avoir « des plans [en vue de] l’exécution massive des
populations des camps de concentration »,
le Service télégraphique allemand avaient immédiatement répliqué : « ces rumeurs sont
fausses d’un bout à l’autre »[31]. Par
conséquent, c’était l’occasion de river le clou aux « nazis
menteurs » ; c’était l’occasion de dire : « Cette fois, on
détient la preuve, et vos démentis ne serviront à rien ». Or, les Alliés
n’en ont pas profité. Ils n’ont fait aucune déclaration commune…
Signalons également qu’en
France, le rapport du « War Refugee Board » ne fit même pas l’objet
d’une publication officielle. Une version française parut en 1945, mais dans
une brochure publiée à compte d’auteur par un certain L. Simon et intitulée :
Souvenirs de la maison des morts. Le
massacre des juifs.
Soulignons enfin qu’à
Nuremberg, ce document ne fut même pas lu. Il ne fut mentionné qu’une seule
fois par l’Accusation, et très rapidement, le 14 décembre 1945, afin de
« prouver » qu’à Birkenau, 1 765 000 juifs avaient été
massacrés[32].
A aucun autre moment, il ne fut produit lors des débats pour expliquer, par
exemple, le processus de gazage. Dans les tomes réservés aux documents, seule
une page est reproduite, la page 33 sur laquelle on lisait le décompte qui
permettait d’arriver à ce total de 1 765 000 morts (voir le document).
Pourquoi cette
discrétion ? Tout simplement parce que les auteurs de ce rapport étaient
des menteurs évidents. Par exemple, les crématoires tels qu’ils les dessinaient
sur leur plan de Birkenau n’avaient aucun rapport avec les crématoires qui
existaient dans la réalité. Or, depuis l’été 1944, grâce aux clichés aériens
pris par leurs avions de reconnaissance, les Américains connaissaient la forme
de ces bâtiments (j’y reviendrai). La complète différence apparaissait au
moindre coup d’œil, surtout pour les crématoires 2 et 3 (voir les documents).
J’ajoute qu’en janvier
1945, les Soviétiques investirent le camp d’Auschwitz et qu’en mars, une
commission d’enquête commença son travail. Grâce aux archives saisies, elle put
rapidement connaître le plan des crématoires, la disposition des pièces, le
nombre de fours etc. Dès lors, il apparut :
- que les deux évadés
avaient donné des renseignements erronés au sujet des fours crématoires :
les Krema II et III étaient dotés de cinq fours trimoufles et non de neuf
fours à quatre moufles ;
- que le processus de
gazage expliqué par les deux évadés était faux ; en particulier l’histoire
des rails qui auraient permis le transport des victimes sur des wagonnets
jusqu’à la salle des fours était complètement fantaisiste, puisque d’après la
version soviétique (qui, elle, se fondait au moins sur les plans exacts), la
chambre à gaz était au sous-sol et les fours au rez-de-chaussée.
Le « War Refugee
Board Report » était donc le fruit de l’imagination maladive de deux
menteurs. R. Vrba fut d’ailleurs démasqué en 1985 à Toronto, lors du
premier procès Zündel. Contraint de battre en retraite face aux questions que
lui posait l’avocat de l’accusé, il finit par s’effondrer et n’osa pas revenir
déposer trois ans plus tard, lors du deuxième procès Zündel[33].
Ces quelques rappels
démontrent que les « informations » divulguées pendant la guerre par
les juifs étaient issues de rumeurs sans fondement, de mensonges éhontés et
d’une propagande conçue à l’aide d’anciens bobards recyclés. Voilà pourquoi de
1942 à 1945, malgré les rapports et les mémorandums d’origine juive qui ne
cessaient de leur parvenir, les gouvernements anglais et américains n’ont réagi
que par de vagues déclarations.
Le manque de crédit à
accorder aux information juives apparaissait d’autant plus aux Alliés que
ceux-ci avaient d’autres sources d’informations : les publications du
Gouvernement polonais en exil et, surtout, les rapports de leurs propres
services de renseignements. Or, nous allons voir que ni les uns ni les autres
ne permettaient de conclure qu’un génocide se perpétrait, bien au contraire.
Fait encore relativement méconnu, dès 1941, la Résis