Les Alliés ont-ils su qu’un génocide se perpétrait ?

 

Table des matières

 

D’après la thèse officielle, les Alliés savaient dès 1942. 1

Ce que disent les historiens 1

Une thèse qui permet de pallier l’absence de preuves 2

Toutes les sources d’information n’avaient pas la même valeur 3

Le cas de K. Gerstein. 3

F. Bédarida cite en vrac les différentes sources d’information. 3

Des précédents qui rendaient suspectes les informations d’origine juive 3

L’ouvrage de B. Lecache en 1927. 3

Dès mars 1932, des juifs hurlent que Hitler et d’autres veulent exterminer les juifs 5

Les instances officielles ne prennent pas ces appels au sérieux 6

La guerre favorise l’apparition et la circulation de nouvelles rumeurs 7

De nombreuses rumeurs circulent à propos des camps et dans les camps 8

Les bruits concernant le « génocide » : une simple rumeur parmi tant d’autres 8

Les Alliés n’accordent aucun crédit à ces rumeurs 10

Même des juifs n’y accordaient aucun crédit et faisaient davantage confiance aux démentis allemands 10

Le cas du War Refugee Board Report 11

Un document qui se voulait exceptionnel 11

Les Alliés n’ont pas utilisé le War Refugee Board Report…. 11

… parce qu’ils savaient qu’il était mensonger 12

Conclusion sur les sources d’information juives 13

Les informations données par le Gouvernement polonais en exil 13

La Résistance polonaise avait infiltré Auschwitz…. 13

… et informait Londres 13

La Résistance polonaise ne parle jamais d’Auschwitz comme d’un centre d’extermination des juifs 14

Conclusions à tirer des informations données par la Résistance polonaise 15

Les propres services de renseignements des Alliés n’ont pas confirmé les rumeurs juives sur l’ « Holocauste » 15

Les clichés aériens pris au-dessus d’Auschwitz 15

Des clichés soigneusement analysés 15

Des clichés qui n’ont pas confirmé les rumeurs juives sur l’ « Holocauste » 16

Les autorités américaines réduites à la falsification 35 ans après 16

Des clichés aériens qui gênent énormément les propagateurs de la thèse officielle 16

Les renseignements obtenus par les Alliés expliquent pourquoi ils n’ont jamais bombardé les voies ferrées qui menaient à Auschwitz 17

La malhonnêteté des propagateurs du mythe de l’ « Holocauste » 18

 

 

D’après la thèse officielle, les Alliés savaient dès 1942

Ce que disent les historiens

 

Les historiens officiels prétendent que dès 1942, les Alliés et les neutres savaient qu’un génocide se perpétrait à l’Est (voir un article paru dans Historia en 1999). Voici, par exemple, ce qu’on peut lire dans leurs publications :

 

On sait aujourd’hui grâce à des travaux récents que les Alliés ont reçu à partir de 1941-1942 quantité d’informations tant sur l’extermination des juifs que sur les massacres des populations slaves[1].

 

Il n’empêche qu’à la fin de 1943 et au début de 1944 les informations s’accumulent sur […] les camps de Majdanek, de Treblinka, de Rawa-Ruska. Depuis janvier 1944, l’OSS dispose d’un rapport très complet sur Auschwitz, avec des chiffres précis, une description des méthodes de sélection et de gazage […]. Bref, le stade des rumeurs et des supputations est franchi. Les vérifications ont été faites. Qui veut savoir sait[2].,

 

Ce mêmes historiens prétendent que, malgré ces informations certaines, les Alliés n’ont pas voulu agir, pour des raisons plus ou moins avouables. F. Bédarida écrit :

 

En fait, plusieurs facteurs ont concouru au comportement des Alliés : la priorité absolue donnée aux objectifs militaires en vue de détruire les forces armées du Reich et de contraindre l’Allemagne à la capitulation sans condition ; le souvenir tout proche de la Première Guerre mondiale avec sa propagande et son “bourrage de crâne” […] ; la crainte de tomber dans le piège de la propagande nazie qui présentait régulièrement le conflit comme une “guerre juive”, provoquée par les juifs et conduite en fonction de leurs intérêts […] ; la méconnaissance, fréquente chez les Alliés, de la nature spécifique du national-socialisme […] ; la confusion alors si répandue dans les esprits (et qui ne s’est dissipée que peu à peu après la guerre) entre le génocide (crime contre l’humanité) et les “atrocités” allemandes (crime de guerre) ; mais peut-être plus que tout l’incapacité à imaginer la perversité exterminatrice d’un système de tueries industriel et planifié[3].

 

Dans cette affaire, le principal accusé reste le pape Pie XII qui aurait gardé le silence malgré les révélations très précises du SS Kurt Gerstein.

Une thèse qui permet de pallier l’absence de preuves

 

Cette thèse est capitale pour les exterminationnistes : car elle permet non seulement de rendre tout le monde responsable[4], mais aussi, et surtout, de pallier l’absence de documents allemands : « Même si les nazis ont effacé toutes les traces, dit-on, même si l’on ne peut retrouver des écrits allemands qui parlent explicitement du génocide, de nombreux documents sans ambiguïté sont conservés dans les archives alliées. Considérez par exemple le mémorandum d’une vingtaine de pages sur “l’extermination” remis le 8 décembre 1942 à la Maison blanche par le président du Congrès juif mondial, Stephen Wise. Il y était, entre autres, question demassacre par trains entiers d’enfants et d’adultes juifs dans des grands crématoriums à Ozwiecim [Auschwitz] près de Cracovie[5]. Déjà en décembre 1942 ! Comment aurait-on pu inventer tout cela s’il n’y avait rien eu ? C’est bien la preuve qu’un génocide se perpétrait. Ajoutons à cela les révélations du SS K. Gerstein qui, en 1945, raconta comment il avait voulu, mais en vain, alerter les autorités dès 1942 ».

 

Une nouvelle fois, cette argumentation impressionnera. Car elle s’appuie non seulement sur des documents dont ni l’existence ni le sens ne sauraient être discutés, mais aussi sur une logique apparemment parfaite (« Des gens l’ont révélé dès le début ; ils n’avaient pas pu l’inventer ; donc c’est vrai »).

 

Toutes les sources d’information n’avaient pas la même valeur

Le cas de K. Gerstein

 

Je passerai rapidement sur les « confessions » du SS K. Gerstein, dont il a beaucoup été question en 2002 avec le film Amen de Costa-Gavras. Dans une annexe à ce dossier, le spécialiste de la question, Henri Roques, nous dit ce qu’il faut penser de cette œuvre cinématographique et de son personnage central (cliquez ici pour lire l’annexe).

F. Bédarida cite en vrac les différentes sources d’information

 

Au sujet des informations diffusées à partir de 1942, la malhonnêteté consiste à prétendre que toutes les sources dont disposaient les Alliés avaient la même valeur et qu’elles auraient toutes donné des indications concordantes, parlant par exemple de gazages à Auschwitz. Dans sa brochure, F. Bédarida cite à la suite et sans aucune distinction les « organisations juives (Congrès juif mondial, Agence juive pour la Palestine, Joint Distribution Commitee) », les « services de renseignements (Intelligence Service et OSS) », des « informateurs et des émissaires du gouvernement polonais en exil » et les « quelques rescapés de ces camps […] en particulier deux jeunes juifs slovaques, membres d’un Sonderkommando, Vrba et Wetzler, échappés d’Auschwitz en avril 1944 » (voy. F. Bédarida, op. cit., p. 43). C’est grâce à tout ce petit monde, dit-il, que, dès 1941-1942, les Alliés auraient su. Le néophyte s’imaginera donc que les dirigeants alliés reçurent presque simultanément de toutes ces sources des renseignements analogues les uns aux autres.

Des précédents qui rendaient suspectes les informations d’origine juive

 

Toutefois, lorsqu’on étudie la question de plus près, on s’aperçoit qu’il n’en est rien. En vérité, les premières « informations » sur une prétendue extermination furent divulguées par des juifs. Ce fait est très important, car personne ne conteste que les personnalités juives engagées et les organisations juives ont toujours eu tendance à grossir démesurément les faits (au point de verser dans le mensonge pur et simple).

L’ouvrage de B. Lecache en 1927

 

A ce sujet, un exemple moderne, bien qu’oublié, mérite d’être mentionné. En 1927, celui qui allait plus tard participer à la fondation de la LICA (Ligue internationale contre l’antisémitisme), Bernard Lecache, publia un ouvrage intitulé : Quand Israël meurt…[6]. Il y était question des pogroms en Ukraine. Sur la bande de couverture, on lisait :

 

300 000 personnes assassinées à 600 lieues de la France…

Pour qu’un crime aussi effroyable ne s’oublie pas, Bernard Lecache est allé enquêter sur place. Les témoignages qu’il a rapportés reflètent l’épouvante des atrocités dont les survivants furent les témoins et souvent les victimes.

 

A la page 6, l’auteur « récapitulait » ainsi :

 

Quinze mille kilomètres parcourus, plus de trois cents témoignages personnellement recueillis, des documents à foison, un contact quotidien et libre avec les survivants m’ont amené à la connaissance véridique d’une époque à la fois héroïque et basse, pleine de gloire et de sang.

 

Or, malgré cette belle envolée du début, cet ouvrage est tout sauf une enquête sérieuse :

- On n’y trouve aucun rapport consultable, aucune bibliographie, aucune référence précise à un quelconque document de synthèse.

- Les affirmations sans preuve succèdent aux « témoignages d’atrocités » non vérifiés et invérifiables. Voyez notamment les chapitres intitulés : « Chapelet d’atrocités » (pp. 152-161) et « Broutilles » (pp. 173-181). L’auteur prétend qu’à Makarov, on a « décimé les juifs, éventré les juives, porté [l]es petits juifs au bout des piques » (p. 158), qu’une délégation de 17 vieillard juifs « fut littéralement hachée en morceaux » (pp. 158-9), que l’assassin Petlura arrivait partout en déclarant : « Je veux que le sang juif coule jusqu’au Dniepr » (p. 159), qu’à Rejychev, « les juifs étaient mis sur la croix, ou bien enterrés vivants, ou brûlés à petit feu, la tête en bas » (p. 160), qu’à Tripollie, « Zelyoni comblait les puits avec des juifs vivants […] coupait les seins des femmes, et, quand elles étaient enceintes, les accouchait à grands coups de sabre. Aux hommes, il coupait les parties sexuelles et crevait les yeux » (Id.) ; qu’à Kagarlyk, des juifs « suspendus par les bras, furent ensuite empalés » (p. 180). On retrouvait-là quelques-uns des thèmes principaux de la propagande anti-allemande des années 1914-1919 : personnes crucifiées, femmes éventrées, seins coupés[7], bébés embrochés (voir documents).

- Les rares notes de bas de page n’apportent absolument rien (voir un exemple).

- Les quelques photographies qui montrent des cadavres attestent bien l’existence de tueries locales, mais pas des abominables tortures décrites au long des pages sur la foi de « témoignages » et de « documents » que l’auteur prétend résumer sans « rien inventer », sans « exagérer […] d’une virgule »[8].

- Quant au décompte final, « trois cent mille morts » (p. 3), « Trois cent mille juifs martyrisés » (p. 254), il n’est fondé sur rien. L’ouvrage ne contient aucune étude statistique. On n’y trouve bien, ici et là, quelques estimations, mais elles sont très souvent vagues et n’ont aucun fondement[9]. Je note d’ailleurs que d’après B. Lecache, le pogrom de Proskouroff (ou Proskurov) le 15 février 1919 aurait fait 3 000 victimes. Or, dans son Livre de la mémoire juive, Simon Wiesenthal — dont on connaît également la propension à mentir et à exagérer — parle de « 1 500 juifs » égorgés[10], soit une différence de 100 % entre les deux. En outre, l’addition de ces estimations locales (même à les supposer vraies) ne justifie nullement, et de très loin, le nombre global (300 000).

Mais qu’importait à l’auteur. L’important était de présenter les juifs comme les victimes innocentes d’une campagne d’extermination unique dans l’Histoire. Ainsi B. Lecache n’hésitait-il pas à parler du pogrom de Proskouroff comme d’un crime sans comparaison possible, unique de par son ampleur et son organisation méthodique. Aux pages 216-7, on lit :

 

A quoi bon tenter des comparaisons, peser tel ou tel massacre dans la balance de l’Histoire ? Le plus grand crime des temps modernes fut commis à Proskouroff.

Aucun n’est pareil à celui-ci, aucun n’est aussi vaste que celui-ci. Jamais on ne vit pareille hécatombe. Jamais on ne vit contre des gens innocents, pacifiques et sans défense, férocité pareille, atrocité aussi nombreuses et aussi ordonnées, organisation aussi formelle et systématique d’un ensemble de tortures et de meurtres dont le détail relève de la pathologie.

 

On le voit, bien avant 1942, la dialectique était en place : certains juifs, comme Bernard Lecache, hurlaient déjà que des bandes organisées tentaient (ou avaient tenté) de les exterminer.

Dès mars 1932, des juifs hurlent que Hitler et d’autres veulent exterminer les juifs

 

Cinq ans plus tard, Hitler était aux portes du pouvoir. Immédiatement, la campagne d’intoxication commença. Dans son deuxième numéro de mars 1932, l’organe de la LICA, Le Droit de Vivre, titra : « Hitler menace la vie des juifs » (p. 1). En guise d’illustration, on voyait un vieillard juif, blessé au visage et à la main droite (pouce sectionné). La légende portait : « Non content de l’avoir grièvement blessé les bandes de Petlioura lui ont sectionné les doigts de la main droite » (voir le document). Le lecteur inattentif ou peu au courant s’imaginait ainsi que des scènes d’une grave violence avaient déjà commencé en Allemagne. Or, il faut savoir que les « petliouristes » étaient les partisans de Simon Petlura (ou Petlioura), un socialiste ukrainien dont le nom fut associé à de terribles violences anti-juives commises en Ukraine (notamment dans la région de Jitomir) fin 1918-début 1919[11]. Par conséquent, le cliché n’avait aucun rapport, même lointain, avec l’Allemagne et Hitler.

Dans cette même livraison, le droit de vivre allait jusqu’à prétendre qu’un danger d’ « extermination » planait dans six pays d’Europe. On lisait :

 

Resterions-nous insensibles au fait que six nations européennes abritent, sans les châtier, des organisations qui ont pour premier but le triomphe de l’antisémitisme ? Ce n’est pas seulement la ruine des minorités juives qu’elles poursuivent. C’est leur extermination [Voy. le droit de vivre, mars 1932, p. 1].

 

Neuf mois plus tard, Bernard Lecache avertissait le monde que « les hitlériens polonais » (sic) avaient « tenté de […] massacrer » la population juive de Lwow et que « si l’on en cro[yait] les informations de dernière heure », ces violences étaient « le prodrome d’une action concertée et généralisée contre les juifs » (voy. le droit de vivre, décembre 1932, p. 1). Bref, nous étions invités à croire que les juifs de Pologne étaient menacés d’extermination. L’article de B. Lecache était rédigé sous forme d’un appel à participer à une manifestation, le 7 décembre 1932, à Paris. Le titre était : « Pour sauver les juifs de Pologne / tous, mercredi 7 décembre, à Wagram ! ». L’avenir démontra que ces cris d’alarme n’étaient nullement justifiés… Bien que les juifs polonais aient toujours été victimes d’un antisémitisme « traditionnel », ils ne furent jamais menacés d’extermination par le pouvoir.

 

Mais les propagandistes professionnels se moquent de tous les démentis apportés par le temps. B. Lecache et ses comparses vivaient de l’indignation et de la dénonciation de menaces fantômes. Par conséquent, ils n’allaient pas cesser.

Le 30 janvier 1933, Hitler arriva au pouvoir. Sans surprise, le droit de vivre se déchaîna. Dans sa livraison de mars 1933, il titra en première page et sur six colonnes : « Rassemblement ! Hitler est au pouvoir. 700 0000 juifs sont menacés de mort. Il faut les sauver ! Tous autour de la LICA » (voir document). Un mois plus tard, ce mensuel écrivit : « Tous les juifs d’Allemagne sont menacés de mort, officiellement voués au pillage, à la torture, au massacre » (voy. Le Droit du Vivre, mai 1933, p. 1). Puis ce furent les tracts annonçant que le national-socialisme avait « juré l’extermination du judaïsme allemand » et demandant de boycotter les produits allemands (voir document).

Les instances officielles ne prennent pas ces appels au sérieux

 

Quand on sait que B. Lecache était le fondateur de cet organe de presse, ces manchettes ne surprennent pas. Ces appels restèrent d’ailleurs l’apanage de quelques excités ; ni la presse nationale, ni les gouvernements n’y apportèrent leur soutien actif. Dans les hautes sphères, on connaissait B. Lecache ; on se souvenait de son ouvrage publié en 1927 ; on se souvenait de ses appels pour les juifs polonais fin 1932 ; on savait qu’il ne faisait que reprendre la même rhétorique, en l’appliquant cette fois à l’Allemagne.

On savait en outre qu’il ne reculait pas devant certains procédés malhonnêtes, comme l’utilisation abusive de clichés. J’ai déjà mentionné le cas du vieillard juif victime des « petliouristes » et 1919 et réutilisé pour dénoncer les violences en Allemagne en 1932. Un autre exemple mérite d’être cité. Dans sa livraison du 1er février 1936, le droit de vivre consacra à long article à une Suédoise, Eva Manberg, qui avait été emprisonnée en Allemagne. A l’hôpital de la prison de Moabit, elle aurait vu des détenues affreusement torturées. En guise d’illustration, on pouvait voir le cliché montrant une personne dont le postérieur était sévèrement blessé. La légende portait : « Après le supplice dans la prison » (voy. le droit de vivre, 1er février 1936, p. 3). Étrangement, alors que l’article évoquait le quartier les tortures dont des femmes auraient été les victimes[12], la personne montrée était un homme. En vérité, ce cliché avait déjà été publié trois ans auparavant par le même magazine, dans sa livraison de mai 1933 (p. 3). A l’époque, cependant, il n’était question ni d’Eva Manberg, ni de la prison de Moabit ; l’article dénonçait les violences antisémites en Allemagne et la légende portait : « A la suite des mauvais traitements infligés par les S.A., un dirigeant du Reichsbanner a été obligé de s’aliter et il est dans l’incapacité de travailler » (voir les deux documents). On le voit, le droit vivre adoptait les pratiques les plus malhonnêtes de la basse propagande…

La guerre favorise l’apparition et la circulation de nouvelles rumeurs

 

La guerre et les premières déportations allaient fournir à de tels individus un terrain plus propice encore. Toutes les époques troublées connaissent une augmentation sensibles des rumeurs les plus diverses. La deuxième guerre mondiale n’allait pas échapper à la règle. Pour s’en convaincre, il suffit de relire la presse de l’époque. Disgrâce et même mort de hauts personnages pourtant toujours bien vivants et bien en place, scènes de révolution chez l’ennemi où, après vérification, tout est calme, prétendus débarquements sur des plages qui se révèlent désertes… tout y passe. Certaines rumeurs naissaient seules, d’autres étaient lancées par des officines de propagande dans un but bien précis (affoler ou rassurer les populations ou les soldats…).

Dans un ouvrage de 268 pages paru fin 1940 et intitulé La guerre du mensonge, Paul Allard rappela comment, d’août 1939 à juin 1940, les Français avaient subi un odieux « bourrage de crâne » : la victoire de l’armée polonaise (septembre 1939), le discours désespéré d’un Hitler aux abois (6 octobre 1939), la révolution qui grondait en Allemagne (septembre 1939-mai 1940), le folle offensive du 10 mai 1940 et son échec (mai-juin 1940), la « victoire » de Dunkerque (juin 1940), les pannes d’essence chez les Allemands (mai-juin 1940), le « dernier quart d’heure » où la victoire allait changer de camp (juin 1940)[13]… Deux ans plus tard, ce même auteur dénonça une série de rumeurs qui avaient été véhiculées (sinon inventées) par Radio-Londres : promesse d’Hitler à Pétain et à Darlan de les nommer respectivement maréchal d’Europe et amiral d’Europe, microbes déversés sur Paris, rupture imminente des relations diplomatiques entre la France et les USA, assassinat de M. de Brinon, bonbons vitaminés destinés à stériliser les jeunes Français, Allemands organisant des messes où les hosties portent des croix gammées, avions allemands déguisés en avions de la RAF allant bombarder des objectifs civils…[14]

La « Libération » en 1944 ne changea rien. Le 19 septembre 1944, ainsi, sous le titre « Hitler et ses lieutenants se réfugieraient au Japon », le quotidien français Libres écrivit :

 

A en croire une source particulièrement bien informée de Berne, Hitler et ses lieutenants auraient choisi comme lieu de refuge le Japon.

De récentes entrevues entre Hitler et l’ambassadeur nippon Oshima, au Grand Quartier général allemand, auraient porté essentiellement sur ce point.

Au Japon, Hitler qui conserverait l’espoir de revenir, un jour, dans son pays, dirigerait la lutte clandestine en Allemagne[15].

 

Cette rumeur perdura, puisque le 28 octobre 1944, ce même quotidien annonça en première page : « Hitler aurait organisé lui-même l’attentat du 20 juillet pour faire arrêter les généraux qui s’opposaient à sa fuite au Japon ». Quel machiavélisme !

Le 26 décembre 1944, la presse française annonça la mort d’Otto Skorzeny, « abattu par Nicolas Horthy qu’il voulait arrêter »[16]. Or, rappelons qu’O. Skorzeny est mort à Madrid le 7 juillet 1975…

De nombreuses rumeurs circulent à propos des camps et dans les camps

 

Quant aux rumeurs sur les camps, elles se répandirent d’autant plus vite que ces lieux étaient entourés d’un grand secret par des Allemands soucieux de cacher leurs activités industrielles. Dans son témoignage, l’ancienne déportée P. Lewinska écrit que la déportation « était l’inquiétante plongée dans un véritable brouillard rendu plus menaçant et plus terrible par les bruits qui couraient parmi les hommes en liberté » ; « on parlait d’une chambre à gaz, d’un four crématoire d’où l’on pouvait retirer les cendres »[17].

A l’intérieur même des camps, de nombreuses histoires circulaient. Dans son témoignage, ainsi, A. Rogerie se souvient qu’en janvier 1944, ils apprirent le… débarquement américain ; « puis après, poursuit-il, nous avons su aussitôt que c’était un bobard, un de ces affreux bobards qui courent dans les camps »[18]. Certaines rumeurs étaient beaucoup plus morbides. Rappelons par exemple celle du savon que l’on disait fait à partir de la graisse de juifs[19]. De son côté, un ancien déporté rapporta que la gelée vinaigrée qu’on leur donnait à manger était appelée « du Russe » parce qu’elle était « censée avoir été fabriquée avec les cadavres » de Soviétiques[20].

 

Les bruits concernant le « génocide » : une simple rumeur parmi tant d’autres

 

Dans cette ambiance de folie, et quand on connaît les appels lancés depuis 1932 par des individus comme B. Lecache, il n’est pas surprenant que des bruits aient commencé à courir sur les juifs. La rumeur du « génocide » naquit probablement vers la fin 1941 dans certains milieux juifs slovaques ou polonais[21]. En mai 1942, elle courait déjà dans le ghetto de Varsovie.

Le fait qu’il se soit agi de simples bruits se révèle nettement à la lecture des mémoires d’un ancien habitant du ghetto, Wladyslaw Szpilman. Il écrit :

 

C’est à peu près vers cette époque que des bruits de plus en plus inquiétants ont commencé à circuler dans le ghetto avec une régularité grandissante, même s’ils ne s’appuyaient sur aucune preuve, comme d’habitude. Personne ne trouvait jamais leur source directe, ni la plus infime confirmation qu’ils étaient fondés sur une tangible réalité, et pourtant ils revenaient sans cesse[22].

 

Peu après, grâce aux militants sionistes très actifs en Europe, la rumeur avait atteint les Alliés, notamment leurs représentants dans les pays neutres. Mais les bruits colportés par les agences suives étaient les plus contradictoires et les plus invraisemblables. Le 26 septembre 1942, ainsi, le représentant américain au Vatican écrivit au cardinal Maglione pour l’informer que, d’après un rapport de l’Agence juive pour la Palestine, les corps des juifs fusillés étaient utilisés pour fabriquer de la graisse et des engrais, certains ayant même été exhumés dans ce but[23]. Un mois plus tard, l’ « Organe de liaison des Forces françaises contre la barbarie raciste » prétendit que sur les « milliers de femmes et d’enfants juifs déportés de France », de nombreux avaient été « brûlés vifs dans des wagons plombés »[24]. Le 24 novembre, en page 10, le New York Times allégua que les juifs étaient exterminés par noyade dans la rivière Bug. Le lendemain, le président du Congrès juif mondial, Stephen Wise, déclara que « Hitler avait ordonné l’extermination des tous les juifs avant la fin de l’année dans l’Europe occupée ». L’homme prétendait tenir ses informations d’un « émissaire européen non identifié du Président [américain] » qui, interrogé sur ce programme d’extermination, aurait répondu : « Les pires de vos craintes sont justes ». Il ajoutait que « des renseignements en sa possession » — « probablement des dépositions », écrivait le journaliste — « l’avaient amené à croire que 2 500 000 des 5 000 000 de juifs dans les territoires de l’Europe occupée avaient déjà été exterminés ». Il terminait en affirmant que « plusieurs méthodes de mise à mort avaient été employées », parmi lesquelles « le poison, l’asphyxie et l’injection d’une bulle d’air dans le flot sanguin des victimes » ; cette dernière « était devenue commune » et elle permettait de traiter « plus de 100 hommes à l’heure »[25] (voir l’article). Le 20 décembre 1942, en page 23, le New York Times parla des chambres d’électrocution de Chelmno et de Belzec. Sept mois plus tard, J’Accuse dénonça les « nazis [qui] tu[ai]ent des milliers d’êtres humains dans les chambres à gaz, par électrocution au contact des fils à haute tension » et qui donnaient aux internés d’Auschwitz des vêtements « faits de papier » (voy. la livraison de juillet 1943, pp. 1 et 2). Peu auparavant, ce même organe avait parlé de « 6 000 juifs enterrés vivants » à Vitebsk ainsi que des « villes de la Russie blanche » dans lesquelles, d’après des « témoins oculaires », les bourreaux ouvraient le ventre des femmes et leur coupaient les seins (voy. J’Accuse, février 1943).

 

Ainsi, d’après ces informations issues de sources juives, les juifs auraient été : fusillé, brûlés vifs, éventrés, noyés, enterrés vivants, empoisonnés, tués par bulle d’air, électrocutés soit dans des chambres, soit contre des fils à haute tension, asphyxiés ou gazés. Cette disparité dans l’information démontre qu’il s’agissait de simples rumeurs sans aucun fondement et se développant dans la plus totale anarchie. Ces rumeurs venaient s’ajouter aux milliers d’autres qui circulaient depuis septembre 1939.

Les Alliés n’accordent aucun crédit à ces rumeurs

 

Ce fait apparaissait d’autant plus nettement que les Alliés n’avaient pas la mémoire courte : ils se souvenaient que le 22 mars 1916, déjà, le Daily Telegraph (de Londres) avait — faussement — accusé les Allemands d’avoir assassiné des centaines de milliers de Serbes en les passant à la baïonnette ou en les étouffant « au moyen de gaz asphyxiants »[26] (voir). Ils se souvenaient en outre des allégations du sieur Lecache en 1927 sur les juives ukrainiennes au ventre ouvert et aux seins coupés et sur les enterrés vivants. Il se souvenaient enfin des campagnes d’excitation orchestrées à partir de 1932 par le droit de vivre. Par conséquent, tous ces rapports et toutes ces déclarations issues des organisations juives étaient prises pour ce qu’elles étaient : de la basse propagande recyclée et véhiculée par des individus sans imagination.

Même des juifs n’y accordaient aucun crédit et faisaient davantage confiance aux démentis allemands

 

Fait extrêmement révélateur : de nombreux juifs n’accordaient aucun crédit à ces récits. W. Szpilman écrit :

 

Certains prenaient ces informations très au sérieux alors que, chez d’autres, elles entraient par une oreille et ressortaient par l’autre[27].

 

Plus loin, l’auteur raconte qu’un jour, le bruit courut qu’à Lublin et Tarnow « les juifs avaient apparemment été asphyxiés avec du gaz » ; mais, poursuit-il, l’ « affirmation [était] tellement incroyable que personne ne voulait lui accorder le moindre crédit » (Id.).

 

Ajoutons que certains juifs haut placés semblaient faire davantage confiance aux Allemands qu’aux rumeurs. C’est ainsi par exemple qu’en 1943, le directeur de la communauté israélite de Vienne, Josef Löwenherz, demanda aux autorités allemandes si le bruit selon lequel « les juifs étaient mis à mort » correspondait à la réalité. Le directeur de la Gestapo de Vienne, Franz Huber, téléphona au RSHA sur la ligne directe d’Heinrich Müller afin de s’informer. D’après un Allemand qui était présent :

 

Quand nous rentrâmes [avec J. Löwenherz dans le bureau], Huber nous dit que Müller avait écarté toutes ces allégations qui n’étaient que des rumeurs malveillantes. Löwenherz fut visiblement soulagé[28].

 

On le voit : même dans les milieux juifs vivant sous domination allemande, le scepticisme régnait…

 

Le cas du War Refugee Board Report

Un document qui se voulait exceptionnel

 

En novembre 1944, le War Refugee Board (une officine américaine chargée de secourir les réfugiés) publia un rapport fondé sur les allégations de deux juifs, Rudolf Vrba et Fred Wetzler, qui affirmaient s’être échappés de Birkenau sept mois auparavant. Les auteurs donnaient un plan schématique des quatre crématoires du camp et expliquaient ainsi le processus de gazage :

 

Les crématoires du type I et II se composent de trois parties :  a) la salle des fours ; b) le grand hall ; c) la chambre à gaz. Une cheminée gigantesque s’élève du milieu de la salle des fours ; il y a là neuf fours, ayant quatre orifices chacun […].

A côté se trouve un grand hall de préparation, aménagé de façon à faire croire qu’on se trouve dans le hall d’une installation de bains. Il peut contenir 2 000 personnes et on dit qu’en dessous se trouve une salle d’attente de la même dimension. Derrière une porte, quelques marches conduisent dans la chambre à gaz, étroite et très longue, qui est située un peu plus bas. Des installations de douches sont peintes sur le mur, de manière à créer l’apparence d’une immense salle de bains. Le toit plat porte trois fenêtres qu’on peut fermer hermétiquement de l’extérieur au moyen de volets. Une paire de rails va de la chambre à gaz à la salle des fours, en passant par le grand hall.

L’opération de gazage se déroule de la manière suivante : les victimes sont conduites dans le hall B, où on leur dit qu’on les mènera aux bains. On les oblige à se déshabiller et, afin de renforcer leur conviction qu’en effet on les conduit aux bains, des hommes en blouses blanches remettent à chaque personne une serviette et un petit morceau de savon. Ensuite, on les presse dans la chambre à gaz C. 2 000 personnes s’y entassent de telle façon que, par la force des choses, tout le monde reste debout […]. Quand tout le monde est enfin entré dans la chambre, on ferme la lourde porte. Puis on attend un peu, probablement pour faire monter la température à l’intérieur de la chambre à un certain degré. Ensuite, des SS munis de masques à gaz et portant des boîtes en fer blanc montent sur le toit, ouvrent les volets et versent le contenu des boîtes, un produit poussiéreux, dans la chambre. Ces boîtes portent l’inscription « Cyclon – insecticide » […]. Au bout de trois minutes, toute vie dans la chambre a cessé […]. Puis on ouvre la chambre, on l’aère et, sur des wagonnets plats, le commando spécial transporte les corps à la salle des fours, où on procède à l’incinération[29].

Les Alliés n’ont pas utilisé le War Refugee Board Report…

 

Pour la première fois, donc, le monde était vraiment informé. Or, il est intéressant de voir que ce document ne fit pas grand bruit. En particulier, les dirigeants alliés n’en profitèrent pas pour rédiger une nouvelle déclaration commune sur les « atrocités nazies » du type de celles qu’ils avaient diffusées en décembre 1942, en novembre 1943 et, dans une moindre mesure, en octobre 1944. Pourtant, je rappelle qu’en novembre 1943, les Alliés avaient failli parler des « chambres à gaz » homicides, mais qu’ils s’en étaient abstenu au tout dernier moment à la suggestion du gouvernement britannique qui arguait — avec raison — l’absence de « preuve suffisante »[30] (voir le document) ; je rappelle également qu’en octobre 1944, après que les radios anglaises et américaines eurent accusé les Allemands d’avoir « des plans [en vue de] l’exécution massive des populations des camps de concentration », le Service télégraphique allemand avaient immédiatement répliqué : « ces rumeurs sont fausses d’un bout à l’autre »[31]. Par conséquent, c’était l’occasion de river le clou aux « nazis menteurs » ; c’était l’occasion de dire : « Cette fois, on détient la preuve, et vos démentis ne serviront à rien ». Or, les Alliés n’en ont pas profité. Ils n’ont fait aucune déclaration commune…

Signalons également qu’en France, le rapport du « War Refugee Board » ne fit même pas l’objet d’une publication officielle. Une version française parut en 1945, mais dans une brochure publiée à compte d’auteur par un certain L. Simon et intitulée : Souvenirs de la maison des morts. Le massacre des juifs.

Soulignons enfin qu’à Nuremberg, ce document ne fut même pas lu. Il ne fut mentionné qu’une seule fois par l’Accusation, et très rapidement, le 14 décembre 1945, afin de « prouver » qu’à Birkenau, 1 765 000 juifs avaient été massacrés[32]. A aucun autre moment, il ne fut produit lors des débats pour expliquer, par exemple, le processus de gazage. Dans les tomes réservés aux documents, seule une page est reproduite, la page 33 sur laquelle on lisait le décompte qui permettait d’arriver à ce total de 1 765 000 morts (voir le document).

… parce qu’ils savaient qu’il était mensonger

 

Pourquoi cette discrétion ? Tout simplement parce que les auteurs de ce rapport étaient des menteurs évidents. Par exemple, les crématoires tels qu’ils les dessinaient sur leur plan de Birkenau n’avaient aucun rapport avec les crématoires qui existaient dans la réalité. Or, depuis l’été 1944, grâce aux clichés aériens pris par leurs avions de reconnaissance, les Américains connaissaient la forme de ces bâtiments (j’y reviendrai). La complète différence apparaissait au moindre coup d’œil, surtout pour les crématoires 2 et 3 (voir les documents).

J’ajoute qu’en janvier 1945, les Soviétiques investirent le camp d’Auschwitz et qu’en mars, une commission d’enquête commença son travail. Grâce aux archives saisies, elle put rapidement connaître le plan des crématoires, la disposition des pièces, le nombre de fours etc. Dès lors, il apparut :

- que les deux évadés avaient donné des renseignements erronés au sujet des fours crématoires : les Krema II et III étaient dotés de cinq fours trimoufles et non de neuf fours à quatre moufles ;

- que le processus de gazage expliqué par les deux évadés était faux ; en particulier l’histoire des rails qui auraient permis le transport des victimes sur des wagonnets jusqu’à la salle des fours était complètement fantaisiste, puisque d’après la version soviétique (qui, elle, se fondait au moins sur les plans exacts), la chambre à gaz était au sous-sol et les fours au rez-de-chaussée.

Le « War Refugee Board Report » était donc le fruit de l’imagination maladive de deux menteurs. R. Vrba fut d’ailleurs démasqué en 1985 à Toronto, lors du premier procès Zündel. Contraint de battre en retraite face aux questions que lui posait l’avocat de l’accusé, il finit par s’effondrer et n’osa pas revenir déposer trois ans plus tard, lors du deuxième procès Zündel[33].

Conclusion sur les sources d’information juives

 

Ces quelques rappels démontrent que les « informations » divulguées pendant la guerre par les juifs étaient issues de rumeurs sans fondement, de mensonges éhontés et d’une propagande conçue à l’aide d’anciens bobards recyclés. Voilà pourquoi de 1942 à 1945, malgré les rapports et les mémorandums d’origine juive qui ne cessaient de leur parvenir, les gouvernements anglais et américains n’ont réagi que par de vagues déclarations.

Le manque de crédit à accorder aux information juives apparaissait d’autant plus aux Alliés que ceux-ci avaient d’autres sources d’informations : les publications du Gouvernement polonais en exil et, surtout, les rapports de leurs propres services de renseignements. Or, nous allons voir que ni les uns ni les autres ne permettaient de conclure qu’un génocide se perpétrait, bien au contraire.

Les informations données par le Gouvernement polonais en exil

La Résistance polonaise avait infiltré Auschwitz…

 

Fait encore relativement méconnu, dès 1941, la Résis